« Blanc bonnet et bonnet blanc » : Jacques Duclos et la présidentielle de 1969
Cet été, Fabrice d’Almeida sonde les slogans des élections présidentielles sous la Ve République. De quoi se rafraîchir la mémoire avant l’élection de 2027. Aujourd’hui, retour en 1969, avec cette expression lancée par Jacques Duclos en vue du second tour de la présidentielle : « Blanc bonnet et bonnet blanc ».
Le 28 avril 1969, suite à l’échec du référendum sur la régionalisation, le général de Gaulle annonce sa démission de la présidence de la République, effective dès le lendemain. Peu après, son ancien Premier ministre, Georges Pompidou, déclare sa candidature. Pompidou, qui bénéficie de l’appui des partisans gaullistes, choisit une campagne de proximité, se rendant directement sur le terrain pour rencontrer les électeurs.
Sa stratégie, bien qu’informelle, se résume par l’idée de « changement dans la continuité ». Ses affiches mettent en avant des slogans comme « Avec la France pour les Français » et « Il tient ce qu’il promet », renforçant son image de candidat solide.
Face à lui, le président du Sénat, Alain Poher, se positionne comme un candidat centriste. Son slogan, « Un président pour tous les Français », bien que différent, n’est pas sans rappeler celui de Pompidou. Poher, qui a assuré l’intérim après la démission de de Gaulle, se présente comme le garant de la continuité de l’État.
Cependant, un slogan va marquer les esprits et éclipser les campagnes de Pompidou et Poher : celui de Jacques Duclos. En vue du second tour, Duclos, candidat communiste, refuse de départager les deux candidats de droite et fait placarder une affiche montrant leurs visages de profil, accompagnée de l’expression « Blanc bonnet et bonnet blanc ». Lors de ses meetings, il explique que les deux candidats représentent une même bourgeoisie, insistant sur le fait qu’il ne faut voter ni pour Pompidou ni pour Poher.
Cette formule, qui amuse autant qu’elle interpelle, est en réalité une expression ancienne, citée par Marivaux en 1723 dans La Double Inconstance. Elle trouve une résonance particulière dans le contexte politique de l’époque, illustrant le rejet par Duclos d’un choix qu’il considère comme illusoire.
Georges Pompidou, devenu Président de la République, se distingue par son approche littéraire et son rôle dans l’histoire française, étant le dernier président de l’expansion française.
Source : Franceinfo

