Israël : un ministre propose de déchoir de nationalité les réalisateurs du documentaire NAZA.

Israël. Un ministre veut déchoir de leur nationalité les réalisateurs du documentaire NAZA, primé à Venise

Controverse en Israël : un ministre souhaite déchoir de nationalité les réalisateurs du documentaire NAZA

Un ministre israélien a annoncé dimanche son intention de déchoir de leur nationalité les réalisateurs du documentaire NAZA, qui présente des témoignages de militaires accusant l’armée israélienne de causer la mort de nombreux civils à Gaza. Miki Zohar, ministre de la Culture, a déclaré sur X qu’il agirait immédiatement pour retirer la citoyenneté israélienne aux créateurs Yuval Abraham et Rachel Szor, dont le film a remporté un prix spécial à la Mostra de Venise.

Zohar a accusé les réalisateurs de vouloir « nuire à leur patrie afin de recevoir les applaudissements des antisémites du monde entier », qualifiant leur démarche de « trahison envers l’État ».

Réactions gouvernementales

D’autres membres du gouvernement ont également exprimé leur indignation. Itamar Ben Gvir, ministre de la Sécurité nationale, a qualifié les réalisateurs de « honte » pour Israël, leur conseillant de quitter le pays. Il a ajouté : « Je suis certain que vos amis, c’est-à-dire nos ennemis le Hamas à Gaza, vous accueilleront les bras ouverts ».

La déchéance de nationalité est une possibilité légale en Israël, bien que rarement mise en œuvre. La Cour suprême israélienne a validé en 2022 la possibilité de retirer la nationalité à des personnes jugées déloyales, tandis qu’une loi de 2023 a élargi cette me aux personnes condamnées pour terrorisme.

Contenu du documentaire

Le documentaire NAZA repose sur les témoignages anonymes de 24 membres de l’armée israélienne et de services de renseignement. Ces témoignages décrivent comment les forces israéliennes ont été impliquées dans la mort de civils dans le cadre de la guerre contre le Hamas à Gaza. Le film de 80 minutes évoque des systèmes technologiques, y compris l’intelligence artificielle, utilisés pour localiser des membres présumés du Hamas et leurs familles.

Selon les témoignages, NAZA est un acronyme désignant le nombre estimé de civils tués lors des frappes. Les militaires auraient accès à des outils leur permettant de connaître le nombre de personnes présentes dans chaque logement à Gaza, influençant ainsi les décisions de bombardement.

Après sa première à Venise, où le film a été ovationné pendant 25 minutes, l’armée israélienne a rejeté « catégoriquement » les accusations de meurtres massifs de civils. La guerre actuelle à Gaza, intensifiée par les attaques du Hamas sur le sol israélien le 7 octobre 2023, aurait causé plus de 73 000 morts, selon le ministère de la Santé de Gaza, un chiffre jugé fiable par les Nations unies.

Conclusion

La situation autour du documentaire NAZA soulève des questions profondes sur la liberté d’expression et les tensions politiques en Israël, dans un contexte de conflit persistant à Gaza.

Source : Le Dauphiné

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