En Israël, l’intégrité des législatives d’octobre au cœur d’une bataille politique

En Israël, l’intégrité des législatives d’octobre au cœur d’une bataille politique

À deux mois des élections législatives du 27 octobre, perçues comme déterminantes pour l’avenir du pays, les questions autour de l’intégrité du scrutin commencent à s’installer dans le débat public israélien. Au cœur de la discorde : les accusations de responsables du gouvernement et de leurs alliés contre la Commission électorale centrale, l’institution chargée du bon déroulement des élections.

Le parti de Benyamin Nétanyahou multiplie les attaques contre les nominations de responsables de la Commission électorale centrale, rapportent plusieurs médias. Une campagne que certains experts considèrent comme une manière de préparer le terrain à une contestation des résultats du scrutin lui-même. Le Likoud rejette cette interprétation et affirme avoir toujours mis en doute la neutralité de la Commission.

Attaques virulentes

Pour comprendre la virulence des attaques actuelles contre la Commission électorale centrale, il faut les replacer dans un climat de défiance installé depuis plusieurs mois. L’institution, chargée d’organiser les élections, d’en fixer les règles et de superviser le dépouillement, est présidée par un juge de la Cour suprême – actuellement le conservateur Noam Sohlberg – et constitue l’un des principaux arbitres du scrutin.

Après la démission, le 30 avril, d’Orly Adas, qui dirigeait la Commission depuis quinze ans, son remplacement par intérim par Dean Livne, jusque-là conseiller juridique de l’institution, avait immédiatement suscité l’hostilité du Likoud. Plusieurs responsables du parti de Benyamin Nétanyahou avaient mis en cause sa neutralité, dont le ministre de la Diaspora, Amichai Chikli, qui a dénoncé une “nomination politique scandaleuse” susceptible, selon lui, de jeter “une lourde ombre” sur l’intégrité des prochaines élections.

Données

À l’approche du 27 octobre, le bras de fer ne porte plus seulement sur les responsables chargés d’organiser les élections, mais sur les règles mêmes du scrutin. La dernière confrontation concerne la décision de Noam Sohlberg d’interdire aux représentants des partis présents dans les bureaux de vote de leur transmettre en temps réel l’identité des électeurs ayant déjà voté. Les informations recueillies dans les bureaux de vote permettaient aux partis de savoir lesquels de leurs sympathisants n’avaient pas encore voté et de mener auprès d’eux une campagne de mobilisation personnalisée.

Cependant, cette me pose également des questions sur la possibilité de fraudes. La décision du juge Sohlberg touche donc à une question particulièrement sensible : jusqu’où les partis peuvent-ils suivre la participation électorale le jour du scrutin sans compromettre la liberté et le secret du vote ?

Maisons de retraite

Un autre débat concerne l’accès même aux urnes. Après la pandémie de Covid-19, Israël avait installé des bureaux de vote dans les maisons de retraite et les résidences pour personnes âgées, afin de permettre aux électeurs ayant des difficultés à se déplacer de voter sur leur lieu de vie. Mais, à l’approche des élections du 27 octobre, la Knesset a supprimé cette obligation. Environ 37 000 électeurs sont concernés et, faute d’accord volontaire de tous les établissements pour accueillir des urnes, près de 20 000 pourraient rencontrer des difficultés pour voter.

Ces différentes controverses — attaques contre les responsables de la Commission électorale, bataille autour du contrôle des électeurs le jour du vote et restrictions concernant les bureaux de vote dans les maisons de retraite — alimentent ainsi, à deux mois du scrutin, une même interrogation : celle de la confiance dans les règles, les arbitres et les conditions dans lesquelles se dérouleront les élections du 27 octobre.

Source : Times of Israel, Yediot Aharonot, Ha’Aretz.

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *