Moyen-Orient : le plan secret du régime iranien pour élargir le conflit
La trêve irano-américaine, signée le 17 juin, n’a pas été marquée par l’inaction. Téhéran devait rouvrir le détroit d’Ormuz et négocier sur son programme nucléaire, tandis que Washington promettait des exemptions de sanctions sur le pétrole et l’accès à plusieurs milliards de dollars gelés. Cependant, les partisans de la ligne dure au sein du régime iranien ont profité de cette accalmie pour préparer la suite. Trois semaines plus tard, l’Iran a ouvert le feu sur des navires escortés par les États-Unis. Selon des responsables iraniens et arabes cités par le Wall Street Journal, ces éléments durs n’ont jamais considéré l’accord comme le début de la fin, mais plutôt comme une opportunité pour les États-Unis et Israël de stabiliser l’économie mondiale tout en se préparant à une confrontation plus large.
L’appareil militaire se durcit
Le changement se manifeste d’abord dans l’appareil militaire. Les Gardiens de la révolution ont accru leur contrôle sur l’armée régulière, et plusieurs vétérans de la guerre Iran-Irak ont retrouvé des postes clés. Mohsen Rezaei, ancien dirigeant des Gardiens, a été nommé secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, tandis que Jossein Taeb a été rappelé à la tête du Basij, avec pour mission de créer un réseau de renseignement de proximité. La production de missiles et de drones a été intensifiée, et le contre-espionnage renforcé.
La guerre gagne du terrain
À la fin juillet, les houthistes ont attaqué des forces yéménites soutenues par Riyad et ont annoncé la fermeture du détroit de Bab-el-Mandeb aux intérêts saoudiens. L’Arabie saoudite a également accusé des milices pro-iraniennes en Irak d’avoir lancé des drones contre ses installations pétrolières. Téhéran aurait transmis à plusieurs États du Golfe des listes de sites énergétiques susceptibles d’être ciblés en cas de frappes américaines.
Un haut responsable iranien a déclaré que Téhéran se donnait quelques semaines avant d’accroître les tensions dans le détroit d’Ormuz si l’accord de juin n’était pas pleinement appliqué. L’Iran menace désormais d’une attaque militaire « opportune et précise » contre le blocus naval américain.
Les options envisagées par Téhéran incluent des frappes préventives, le sabotage de câbles Internet dans le Golfe, et même des incursions terrestres au Koweït. En mai, les autorités koweïtiennes ont annoncé avoir intercepté des membres des Gardiens arrivés sur une île à bord d’un bateau de pêche loué. Malgré les fragilités économiques et militaires dues aux frappes américaines et israéliennes, l’Iran conserve suffisamment de moyens pour menacer des bases américaines et des installations énergétiques dans le Golfe.
Washington espère que les sanctions et le blocus naval inciteront Téhéran à adopter une position plus conciliante. Cependant, les partisans de la ligne dure au sein du régime iranien semblent croire que la guerre n’est pas terminée.
Source : L’Express



