Intrusion à la préfecture de Bastia et au rectorat d’Ajaccio : une garde à vue levée
La fédération Scola Corsa, regroupant des écoles primaires privées immersives en langue corse, a mené une action ce mardi en s’introduisant à la préfecture de Haute-Corse à Bastia et au rectorat d’Ajaccio. Cette intervention a conduit à une garde à vue qui a été levée en fin d’après-midi.
Aux alentours de 6 heures, un incident s’est produit lorsque le vice-président de Scola Corsa, également président du syndicat des travailleurs corses de l’éducation (STC Educazione), aurait tenté de s’emparer des clés des locaux du rectorat, selon un communiqué du rectorat. Ce dernier a annoncé son intention de porter plainte, précisant que « aucune revendication ne saurait justifier une telle agression sur le lieu de travail d’une agente administrative ».
En fin de matinée, des personnels de l’Éducation nationale se sont rassemblés devant le rectorat et la direction départementale de Bastia pour soutenir leur collègue. Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a également condamné la violence physique sur Twitter, soulignant son inacceptabilité.
Le procureur de la République d’Ajaccio, Nicolas Septe, a confirmé l’interpellation de l’individu impliqué, précisant que l’enquête a été ouverte pour « vol avec violence », une qualification qui pourrait être revue selon les auditions en cours.
En fin d’après-midi, le parquet d’Ajaccio a annoncé que la garde à vue avait été levée. Jean-Pierre Lucciani, le vice-président de Scola Corsa, a déclaré qu’il n’avait pas touché la personne mais avait simplement pris les clés. Il a reconnu l’intrusion tout en niant toute forme de violence, envisageant même une action en diffamation contre le rectorat.
À Bastia, une trentaine de parents d’élèves de Scola Corsa se sont également introduits dans les salons de la préfecture. La nouvelle préfète, en fonction depuis lundi, a rencontré les manifestants pour entendre leurs revendications, après quoi ils ont quitté les lieux sans incident.
Depuis deux mois, la fédération Scola Corsa affirme que la langue corse est menacée et que l’existence de ses écoles est remise en question suite à une décision préfectorale concernant le financement accordé par la Collectivité de Corse, s’élevant à 1,3 million d’euros. La fédération réclame la contractualisation de 11 enseignants, mais les services de l’État ont proposé celle de six seulement. Cette situation a conduit à des mobilisations, dont le blocage de certains lycées de l’île en avril dernier.
Source : DNA
