Interruption du Concert de Barbara Butch : Un Épisode au Coeur du Débat sur le Boycott Culturel
Le concert de Barbara Butch, qui s’est tenu le samedi 18 juillet à Grenoble, n’a duré qu’une vingtaine de minutes, après avoir été interrompu par plus d’une centaine de militants pro-palestiniens. L’artiste, qui se produisait au festival Cabaret Frappé, a été contrainte de quitter la scène. En réponse à cet incident, la mairie de Grenoble a annoncé son intention de porter plainte. Ce fait soulève une question plus large : celle du boycott culturel visant les artistes associés à Israël.
Aux alentours de 22h20 (20h20 TU), Barbara Butch, figure des nuits parisiennes LGBTQ+, était la tête d’affiche du festival. Au premier rang, une centaine de militants brandissaient des drapeaux palestiniens, provoquant des sifflements et des gestes hostiles. Pendant ce temps, le reste du public semblait partagé entre un soutien timide et une incompréhension visible. Après avoir interprété plusieurs morceaux, un membre de l’organisation du festival a rejoint l’artiste sur scène pour lui communiquer une information, ce qui a conduit à son départ anticipé.
Ce n’est pas seulement la DJ qui était visée, mais ce qu’elle représente, notamment en raison de son soutien à la loi Yadan, un projet de loi controversé censé lutter contre l’antisémitisme, mais perçu par certains comme une tentative de restreindre la critique d’Israël. La proposition de loi a été retirée en avril, et un nouveau projet pour lutter contre le racisme et l’antisémitisme est actuellement examiné au Parlement.
Barbara Butch a exprimé sur Instagram qu’elle avait pris position en raison de l’antisémitisme qu’elle subit. Les militants lui reprochent également sa participation à un concert prévu en 2025 à Tel-Aviv, alors que Gaza subissait des bombardements. Certains l’accusent d’être « complice de génocide » et critiquent ses prises de position sur les réseaux sociaux, l’accusant de « pink-washing ».
La directrice générale de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme, Tina Theallet, a souligné que la liberté d’expression ne devrait pas être synonyme de violence. Elle a mis en garde contre la banalisation de telles pratiques, qui participent à un climat de polarisation croissante autour des artistes associés à Israël. Ce climat de tension s’est intensifié depuis le 7 octobre 2023, date marquant un tournant dans le débat culturel en France.
Les réactions politiques ont été rapides. Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a dénoncé des méthodes qui « n’aident en rien les Palestiniens ». Gabriel Attal, ancien Premier ministre, a qualifié l’incident d’« attaque directe » d’antisémitisme. Allan Brunon, élu municipal, a tenu à préciser que son groupe n’avait jamais appelé à la violence et que Barbara Butch avait interrompu son concert de son propre chef.
Cet incident met en lumière les tensions croissantes autour des questions de liberté d’expression et de boycott culturel en France.
Source : RFI
