Les salariés intérimaires envoyés au front comme de la chair à canon
Un tragique accident survenu dans la nuit du 17 au 18 avril 2026 sur le site de fabrication de pâtes Lustucru à Saint-Genis-Laval (69) a impliqué un jeune salarié intérimaire de 22 ans, suscitant l’indignation de Force Ouvrière (FO) Intérim. L’organisation syndicale a exprimé sa colère face à ce qu’elle considère comme une série de négligences graves de la part de l’entreprise utilisatrice.
L’enquête menée par la gendarmerie et les autorités compétentes a révélé que le salarié n’aurait pas bénéficié d’une formation adéquate pour son poste. De plus, des modifications apportées à la machine concernée n’ont pas été accompagnées de dispositifs de sécurité appropriés.
Un représentant de FO au Comité Social et Économique (CSE) de l’entreprise de travail temporaire a été choqué d’apprendre que, malgré la gravité de l’accident, d’autres salariés intérimaires ont été réaffectés sur le site par une entreprise franchisée, sans représentants du personnel ni commission de santé, sécurité et conditions de travail. En revanche, Randstad a décidé de retirer l’ensemble de ses intérimaires du site en attendant les résultats de l’enquête et des garanties de sécurité.
Cette situation met en lumière une réalité dénoncée par FO Intérim, selon laquelle les salariés intérimaires sont souvent considérés comme des variables d’ajustement, envoyés sur des postes exposés sans formation adéquate ni protections suffisantes. En 2024, le secteur de l’intérim a enregistré 37 241 accidents du travail et 85 décès, dont 52 sur le lieu de travail et 33 lors des trajets professionnels, pour environ 778 000 salariés.
Derrière ces chiffres se cachent des vies humaines et des familles touchées par ces tragédies.
FO Intérim appelle à des mes immédiates :
- L’établissement et la sanction des responsabilités en cas de manquements avérés.
- La suspension des missions d’intérim sur tout poste à risque non maîtrisé.
- L’arrêt du remplacement des intérimaires retirés pour des raisons de sécurité par d’autres travailleurs précaires.
- Le renforcement des contrôles de formation, d’accueil sécurité et d’évaluation des risques.
La sécurité des travailleurs ne doit pas être sacrifiée pour des impératifs de production. Pour FO Intérim, aucun salarié, qu’il soit en CDI, CDD ou intérimaire, ne doit être traité comme de la chair à canon.
Source : FO Intérim
