La loi interdisant l’utilisation du portable au lycée a été officiellement promulguée le 24 août 2026. Attendue dès la rentrée 2026-2027, la me pourrait mettre plus de temps à se mettre en place sur le terrain. « Il y a toujours un décalage entre les annonces ministérielles et la mise en œuvre sur le terrain », pointe Florence Delannoye, secrétaire académique adjointe du syndicat des proviseurs.
« Je pense qu’on va s’y faire« . Devant les grilles du lycée Saint-Odile à Lambersart, dans la métropole lilloise, de futurs élèves de seconde et de terminale venus récupérer leurs manuels scolaires avant la rentrée, prennent la nouvelle avec un flegme presque déconcertant. L’utilisation du téléphone portable est dorénavant interdite dans tous les lycées, comme il l’est déjà à l’école et au collège depuis 2018.
« On a vécu ça tout le collège, donc pour nous ce n’est pas vraiment un changement« , résume un futur élève de seconde. Une camarade de classe est plus mitigée. « Je trouve qu’au lycée ils devraient nous faire plus confiance, parce qu’on est quand même un peu plus mature qu’au collège« . Malgré tout, elle sait qu’elle va « s’y habituer » et que de toute façon elle « ne peut pas dire non« .
La veille, lundi 24 août, le président de la République Emmanuel Macron a annoncé la promulgation de cette loi issue des travaux de la commission « Enfants et écrans« . Une me qu’il justifie en quelques mots sur sa page X. « Protéger les enfants des dérives des écrans ne peut plus attendre (.) Une école sans téléphone, c’est retrouver la sérénité de l’apprentissage« .
Le texte, publié au Journal officiel le lendemain, modifie l’article L.511-5 du code de l’éducation. Il prévoyait initialement d’interdire aussi l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans, disposition censurée le 14 août 2026 par le Conseil constitutionnel.
Il revient désormais à chaque établissement d’asr la bonne mise en place de la me, mais les professionnels de l’éducation confirment déjà qu’il sera difficile de l’appliquer dès la rentrée. Interrogée au journal ICI 12/13 de France 3 Hauts-de-France, Florence Delannoy, secrétaire académique adjointe du syndicat des proviseurs et proviseure du lycée Montebello de Lille, l’as : « Il y a toujours un décalage entre les annonces ministérielles et la mise en œuvre sur le terrain« .
Il y a toujours un décalage entre les annonces ministérielles et la mise en oeuvre sur le terrain.
Florence DelannoySecrétaire académique adjointe du syndicat des proviseurs
Chaque établissement doit d’abord faire voter une modification de son règlement intérieur en conseil d’administration, où siègent élèves et parents. Ensuite, il faudra faire place à la pédagogie. « Leur faire comprendre la me, c’est important« , insiste-t-elle. Résultat : « la plupart des établissements n’auront pas d’interdiction du téléphone mardi, jour de la rentrée. Ça va se faire progressivement, ce sera peut-être à la rentrée des vacances de la Toussaint, ou de Noël« .
Même tempo du côté du rectorat, où Sophie Béjean, rectrice de l’académie de Lille note un contexte et une maturité différents de la part des lycéens. « Les élèves sont plus grands, plus autonomes« , à ce niveau « on a aussi des usages pédagogiques qui utilisent le téléphone portable » ou « pour l’accès à la restauration« . La rectrice mise donc sur le dialogue interne à chaque établissement.
« L’objectif désormais, la loi étant promulguée, c’est qu’il y ait une concertation au sein de l’établissement, notamment avec les élèves et dans le cadre du comité de vie lycéenne, pour adapter le règlement intérieur, qui précisera à quel moment, dans quel lieu et dans quelles circonstances l’usage du téléphone est soit proscrit, soit possible. par exemple pour des usages pédagogiques.«
La génération d’élèves qui va faire sa rentrée en seconde a grandi avec l’interdiction du téléphone portable au collège. Devant le lycée Saint-Odile, on ne s’attend pas à un grand bouleversement à la rentrée. Mais le changement pourrait être plus brutal pour les futurs élèves de première ou de terminale.
« On espère que ce ne sera pas trop restreint, peut-être qu’ils laisseront des endroits avec un accès au téléphone« , avance l’un d’eux. Mais un de ses camarades tempère. « Si c’est pour tout le lycée, on s’adaptera. On a vécu comme ça au collège pendant quatre ans, on y arrivera pendant une année de plus. Et après, c’est la liberté totale« .

