Assimiler naturisme et délinquance sexuelle, en 2026, c’est incompréhensible : la colère d’une association après l’interdiction d’une plage aux nudistes en Normandie
Depuis le début de l’été, la plage de Dragey-Ronthon, située dans la Manche, est le théâtre de faits d’exhibitionnisme sexuel. Pour contrer ces comportements, le maire de la commune, David Guerlavais, a pris un arrêté interdisant le naturisme sur cette plage. Cette décision a suscité une vive réaction du Mouvement naturiste, qui dénonce cette assimilation entre naturisme et délinquance sexuelle.
Dans l’arrêté publié le 16 août, il est stipulé que « la pratique du nudisme et du naturisme est interdite du 1er janvier au 31 décembre sur le littoral communal ». Cette décision fait suite à une augmentation des comportements indécents, tels que des masturbations et des ébats sexuels, qui ont été signalés sur la plage, en partie en raison du référencement de ces lieux sur des sites de rencontres.
Jean-François Feunteun, président du Mouvement naturiste, a exprimé son indignation : « C’est assez incompréhensible qu’en 2026, on continue d’assimiler naturisme, nudisme et délinquance sexuelle. La sexualité débridée aux yeux de tous, ce n’est pas dans nos valeurs. » Il souligne que le naturisme est une philosophie distincte et ne doit pas être confondu avec des actes délictueux.
Feunteun a également adressé une lettre de 17 pages au maire, expliquant que son arrêté comporte des erreurs de fond et de forme. Il rappelle que le naturisme, l’exhibition sexuelle et la corruption de mineurs sont des notions distinctes et qu’il n’est pas juste de présumer qu’une personne pratiquant le naturisme se livre à des actes sexuels en public. Il insiste sur le fait que l’arrêté ne cible pas les actes sexuels en public, mais la pratique du naturisme.
Pour l’instant, l’association n’a pas engagé de procédure judiciaire, mais envisage de le faire si le dialogue avec le maire ne donne pas de résultats. Jean-François Feunteun a déclaré : « On est dans une démarche du dialogue. On est prêt à travailler avec lui pour qu’il soit conforme avec la législation. »
De son côté, le maire a affirmé qu’il n’avait rien contre le naturisme et qu’il savait que d’autres plages étaient réservées aux naturistes, ce qui, selon lui, justifie sa décision d’interdire la nudité sur cette plage.
Cette situation soulève des questions sur la perception du naturisme et le besoin d’une distinction claire entre cette pratique et des comportements illégaux.
Source : France 3 Régions



