Interdiction de boire l’eau du robinet au Port de Fos-sur-Mer : une pollution aux PFAS révélée
En avril dernier, le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witowski, a pris un arrêté interdisant la consommation de l’eau du robinet pour les salariés du Port de Fos-sur-Mer, sans inclure les habitants de la commune. Cette décision a été suivie d’une réunion publique, le 24 juin, pour clarifier la situation.
Les substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées, connues sous le nom de PFAS, sont présentes dans divers produits du quotidien, y compris dans l’eau. Le 27 avril, l’arrêté préfectoral a été émis en conséquence de la détection de PFAS dans l’eau, spécifiquement pour les employés du Grand Port maritime de Marseille.
Une présence de PFAS détectée en 2024
La présence de PFAS a été identifiée dès décembre 2024 dans le cadre d’une campagne de surveillance de la qualité de l’eau potable, conduite par l’Agence régionale de santé (ARS). Des dépassements des seuils limites autorisés ont été constatés, notamment dans la nappe phréatique de la Crau.
Le préfet a demandé au Grand Port maritime de renforcer sa communication envers ses clients concernant le taux de contamination. En réponse, le port a mis en place des solutions alternatives pour l’approvisionnement en eau potable, y compris des fontaines.
L’arrêté précise que l’eau reste utilisable pour le lavage et la cuisson des aliments, mais son usage à des fins alimentaires est proscrit.
Les habitants de Fos-sur-Mer non concernés par l’interdiction
L’interdiction s’applique uniquement aux salariés des entreprises situées dans les bassins Ouest du port, excluant les résidents de la commune. Le Grand Port maritime a précisé que la majorité de l’eau concernée est destinée à des fins industrielles.
Une dérivation d’eau construite par précaution
Lors de la réunion publique, le maire de Fos-sur-Mer, Philippe Maurizot, a rassuré les habitants en affirmant que l’eau de la commune n’était pas contaminée, mais qu’une dérivation via le puits de Tapiès avait été mise en place pour des raisons de précaution. Cette canalisation, d’un coût de 10 millions d’euros, relie l’alimentation en eau de Fos-sur-Mer à celle de Port-de-Bouc.
La base aérienne d’Istres en cause ?
L’origine de cette pollution reste à déterminer. Le Grand Port maritime a engagé des analyses complémentaires sur son réseau et a écarté toute défaillance de ses installations. Une étude est en cours pour retracer l’origine de la contamination, avec des rapports préliminaires pointant vers la base aérienne d’Istres, connue pour utiliser des mousses anti-incendie contenant des PFAS. Cependant, le préfet a indiqué que d’autres sources de contamination pourraient également exister.
Source : ICI France 3 Provence-Alpes et Marsactu.