: Reportage

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Une jeune fille utilise ChatGPT. Image d'illustration. (Carmy Breton / MAXPPP)
Une jeune fille utilise ChatGPT. Image d’illustration. (Carmy Breton / MAXPPP)

À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, l’utilisation croissante des intelligences artificielles (IA) comme ChatGPT soulève des préoccupations majeures concernant leur impact sur le processus électoral en France. Pour la première fois, des outils d’IA pourraient influencer les choix des électeurs, notamment parmi les jeunes, qui leur font confiance pour s’informer.

Un sondage récent révèle qu’un Français sur six (16%) a déjà utilisé l’IA pour l’aider à voter lors des élections municipales. Ce chiffre grimpe à 35% chez les moins de 25 ans, une génération qui a grandi avec ces technologies. Lydia, une lycéenne de 17 ans, témoigne de cette tendance, affirmant que l’IA l’aide à comprendre les programmes des candidats. Elle utilise ChatGPT pour poser des questions sur des sujets politiques, comme les propositions de certains candidats concernant l’immigration.

Elle exprime une confiance presque aveugle envers ces outils, les considérant comme « objectifs », contrairement aux médias traditionnels. Cependant, cette confiance soulève des questions sur la neutralité des IA. Paul Gée, un startupper en IA, souligne que toutes les intelligences artificielles sont biaisées, car leur conception dépend des cadres définis par leurs créateurs. Cela signifie qu’elles peuvent orienter les discussions d’une manière qui n’est pas toujours transparente.

Gée développe également une application permettant d’interagir avec des clones textuels de candidats, en utilisant une IA française, Mistral, afin de garantir la transparence des informations fournies. Cette approche vise à s’asr que les jeunes électeurs aient accès à des réponses sourcées et vérifiables.

Les chercheurs, comme Nadia Guérouaou du CNRS, s’inquiètent des implications de cette technologie sur la confiance des électeurs. Elle note que les études montrent que les gens ont tendance à faire davantage confiance aux informations produites par des technologies qu’à celles créées par des humains. Cela pose un risque de manipulation des émotions des électeurs, en utilisant des IA conçues pour paraître empathiques et persuasives.

Cette situation pourrait créer une inégalité entre les candidats, où ceux ayant accès à des technologies avancées pourraient dominer le discours électoral. Guérouaou appelle à l’établissement de règles strictes concernant l’utilisation des IA dans les campagnes électorales, afin de préserver l’intégrité du processus démocratique.

Sources : Harris Interactive, Franceinfo.

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