Fonte de l’Himalaya : les inondations meurtrières deviennent la nouvelle norme
Mercredi dernier, un effondrement de montagne dans l’Himalaya a provoqué des inondations dévastatrices, faisant plus de 500 morts et laissant 1 500 personnes disparues au Népal et au Tibet. L’événement, survenu à 8 h 37, a été si puissant qu’il a été initialement confondu avec un tremblement de terre de magnitude 5,2. Un glacier a cédé, déversant une masse colossale de glace et de roche sur près de 1 200 mètres, et provoquant une montée soudaine du niveau de l’eau de neuf mètres en seulement trente minutes.
Le Dr Dipesh Chapagain, climatologue à l’Université des Nations Unies à Bonn, a exprimé son inquiétude face à la fréquence croissante de tels événements. « Ces événements deviennent plus fréquents et plus intenses », a-t-il déclaré, soulignant que les glaciers de l’Himalaya se transforment rapidement, exposant des millions de personnes à des dangers de plus en plus destructeurs.
Les experts tentent de reconstituer les événements de mercredi. Les images satellites montrent que le substrat rocheux sous un glacier a cédé, entraînant un torrent de glace et de débris dans la Lhende Khola, un affluent de la rivière Bhotekoshi. Contrairement aux inondations habituelles causées par la rupture de lacs glaciaires, cette catastrophe a résulté d’un effondrement direct de roche et de glace.
Depuis 1950, la fréquence des inondations liées à la rupture de lacs glaciaires a été multipliée par cinq, passant d’une moyenne de sept par décennie à 34, selon des recherches récentes. Ces crues se produisent généralement lorsque les eaux de fonte s’accumulent dans des lacs au bord de glaciers en recul. Cependant, l’effondrement de mercredi a contourné cette étape intermédiaire, rendant la situation encore plus imprévisible.
Les conséquences s’étendent bien au-delà des villages de montagne. La région de l’Hindou Kouch-Himalaya alimente dix grands bassins fluviaux, dont 2,1 milliards de personnes dépendent pour leur eau et leurs moyens de subsistance. Le corridor Bhote Koshi-Trishuli, touché par les inondations, est un axe commercial majeur vers Katmandou, où des infrastructures essentielles ont été gravement endommagées.
La catastrophe met également en lumière la vulnérabilité des populations face à des événements soudains. Les autorités népalaises n’ont été averties de l’inondation qu’au moment où elle approchait de la frontière, ce qui illustre la nécessité de systèmes d’alerte plus efficaces. Les scientifiques s’accordent à dire que même si les émissions de gaz à effet de serre diminuaient, les glaciers continueraient de perdre de la masse pendant des décennies.
Pour les communautés vivant au pied de l’Himalaya, l’avenir redouté est déjà là.
Source : Université des Nations Unies

