Inondations meurtrières au Népal : un bilan tragique et des causes incertaines
Mercredi, une crue dévastatrice à la frontière du Népal et du Tibet a causé la mort d’au moins 160 personnes. Les causes précises de cette catastrophe restent floues, mais les experts soulignent que la topographie extrême de l’Himalaya accentue les risques d’inondations.
Bien qu’il soit encore prématuré d’établir un lien direct avec le changement climatique, ses effets bien documentés sur la région, tels que les débordements de lacs glaciaires, pourraient augmenter la fréquence de tels événements.
Glissement de terrain et séisme
Le ministre des Affaires étrangères népalais, Shishir Khanal, a indiqué qu’un tremblement de terre aurait probablement provoqué un glissement de terrain, obstruant le lit d’une rivière et engendrant ainsi la crue. Toutefois, l’Institut d’études géologiques des États-Unis (USGS) a précisé que l’énergie sismique enregistrée, initialement évaluée à 4,4 sur l’échelle de Richter, pourrait en réalité avoir été générée par le glissement de terrain lui-même.
Le Centre international pour le développement intégré de la montagne (ICIMOD), basé à Katmandou, n’a pas détecté d’anomalies du côté chinois de la frontière. Sarthak Shrestha, analyste en télédétection au ICIMOD, a rapporté qu’une avalanche de roches et de glace a bloqué la rivière Lhende, entraînant la crue.
Prévention et solutions
Face à l’imminence de telles calamités, les solutions d’évasion sont limitées. Hatim Sharif, hydrologue à l’Université du Texas à San Antonio, a averti que « courir n’aidera pas » et que la boue et l’eau en mouvement rapide forment une combinaison mortelle. Il suggère que la seule option viable est de se déplacer vers des zones surélevées, d’au moins six mètres.
Pour améliorer la prévention, il a proposé d’installer des capteurs de niveau d’eau dans les rivières, permettant aux autorités de recevoir des données en temps réel et d’offrir aux habitants un préavis de 20 à 30 minutes.
Risques climatiques et GLOF
Le Népal est également vulnérable aux inondations causées par la vidange brutale de lacs glaciaires (GLOF). Un événement similaire s’était déjà produit en juillet 2025, lorsque un lac en Chine avait débordé, inondant le district népalais de Rasuwa.
Dans les jours à venir, des scientifiques du monde entier examineront le lien potentiel entre le changement climatique et la catastrophe, en utilisant des modèles de simulation pour comparer la probabilité d’un tel événement aujourd’hui par rapport à l’ère pré-industrielle. Dorothy Heinrich, chercheuse à l’Université britannique de Reading, a souligné que des études supplémentaires seront nécessaires pour établir un lien définitif entre le changement climatique et cette crue.
Source : TV5MONDE

