«Ça m’a détruit le visage»: peu sanctionnées, les injections esthétiques illégales sont en plein essor

« Ça m’a détruit le visage » : Les injections esthétiques illégales en pleine expansion

Les injections illégales d’acide hyaluronique, largement utilisées pour le comblement des rides, connaissent une recrudescence inquiétante en France et en Suisse. En mars 2026, une femme est décédée à Villeurbanne, près de Lyon, après avoir subi une telle injection. Un lanceur d’alerte avait pourtant signalé les activités de l’infirmière responsable, sans que les autorités ne réagissent.

L’acide hyaluronique est devenu un produit phare, notamment promu par des célébrités sur les réseaux sociaux. Cependant, les normes de sécurité sont souvent ignorées, et de faux médecins inondent le marché, proposant des injections dans des instituts de beauté ou des lieux clandestins à des prix attractifs.

La législation suisse stipule clairement que seuls les médecins sont habilités à réaliser des injections en profondeur d’acide hyaluronique. Face à cette problématique, Swissmedic a lancé des opérations de contrôle. En 2024, 55 % des établissements inspectés n’étaient pas conformes. En 2025, ce chiffre a grimpé à 80 %.

Une patiente défigurée

Daniela, 48 ans, a décidé de se faire injecter un produit à 1200 francs, attirée par un prix réduit. Elle pensait recevoir de l’acide hyaluronique, mais a été injectée avec du PMMA, un produit non homologué et potentiellement dangereux. Aujourd’hui, elle est défigurée et suit un traitement de chirurgie reconstructive. « Je ne savais pas ce qu’on m’appliquait sur le visage. Cela a causé une très grave infection et m’a tout simplement détruit le visage », témoigne-t-elle.

Des cas pas toujours dénoncés

Roberta Vasconcelos, dermatologue à Bâle, indique que les complications liées aux traitements esthétiques sont de plus en plus fréquentes, non seulement avec le PMMA, mais aussi avec des produits homologués. Les services de santé ont besoin de signalements pour agir, mais les victimes hésitent souvent à dénoncer ces pratiques.

Un signalement resté sans réponse

En août 2025, un médecin a alerté la police genevoise sur une infirmière, Madeleine E, qui réalisait des injections illégales. Sept mois plus tard, la même infirmière a été impliquée dans la mort d’une femme en France, et elle est désormais en prison. La police genevoise a indiqué que l’adresse de contact pour signaler des abus n’était plus en service, ce qui a empêché toute intervention.

Cette situation met en lumière les dangers des injections esthétiques non réglementées et la nécessité d’une vigilance accrue de la part des autorités sanitaires.

Source : RTS

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