Ingérences électorales : faut-il sanctionner les réseaux sociaux ?
« Si on ne fait rien pour se protéger, l’élection peut être faussée », s’est inquiété jeudi sur RTL Gabriel Attal, accusant la Russie de vouloir voler le scrutin, dans un contexte où plusieurs candidats à l’élection présidentielle sont ciblés par des campagnes de désinformation. Ces opérations, bien que peu visibles, marquent une étape inquiétante dans les manipulations numériques.
Des publications relayant de fausses informations, utilisant des visuels imitant les médias français et des deepfakes, ont été observées. Par exemple, Edouard Philippe (Horizons) a été l’objet d’une rumeur sur son état de santé, tandis que Gabriel Attal (Renaissance) est accusé d’être potentiellement atteint de la maladie de Parkinson. De même, une publication insinuant que Raphaël Glucksmann (Place Publique) aurait bénéficié de l’influence de sa compagne, la journaliste Léa Salamé, a également circulé.
Ces manipulations semblent être orchestrées par le groupe russe Storm 1516, lié au GRU, le renseignement militaire russe, et s’inscrivent dans un cadre plus large d’ingérences numériques, comme l’a souligné le rapport de Virginum sur les élections municipales.
Un projet de loi sur les ingérences à la rentrée
Le Premier ministre a réagi aux préoccupations exprimées par Jean-Luc Mélenchon (LFI) sur X, affirmant que la lutte contre ces ingérences est « une priorité pour le gouvernement ». Sébastien Lecornu a annoncé un projet de loi sur les ingérences étrangères, qui prévoit des sanctions pénales pouvant atteindre jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende pour les auteurs d’ingérences numériques. Une procédure de référé judiciaire pour le retrait de fausses informations en ligne sera également mise en place.
Une menace grandissante, un impact difficilement quantifiable
Les mes envisagées visent à renforcer les capacités judiciaires pour contrer ces opérations. Viginum, l’agence de lutte contre les manipulations de l’information, alerte sur la nécessité de se préparer à un durcissement de la menace informationnelle. Toutefois, l’ampleur réelle de ces menaces reste difficile à mer, comme l’ont souligné des experts lors d’une récente table ronde.
La gauche demande des sanctions contre les plateformes
La diffusion de fausses informations sur des réseaux sociaux comme X ou TikTok a suscité des réactions au sein de la gauche, qui estime que le gouvernement ne va pas assez loin dans la régulation de ces plateformes. Raphaël Glucksmann a appelé à des sanctions fermes contre ces réseaux, évoquant l’exemple de l’élection présidentielle de 2024 en Roumanie, où des manipulations similaires avaient eu lieu sans que des mes ne soient prises contre TikTok. Marine Tondelier (Écologiste) a même proposé d’envisager l’interdiction de certaines plateformes pendant les élections en cas d’ingérences constatées.
Ces développements soulignent la nécessité d’une réflexion approfondie sur le rôle des réseaux sociaux dans le processus électoral et sur les mes à adopter pour protéger l’intégrité des élections.
Source : Public Sénat



