Infrastructures municipales : avertissement sur un risque imminent de défaillance

Infrastructures municipales : « On s’en va vers un mur, c’est clair »

Infrastructures municipales : « On s’en va vers un mur, c’est clair »

Le coût d’entretien des infrastructures municipales souterraines a explosé ces dernières années. À Rimouski, le maire Guy Caron lance un cri du cœur, alors que la Ville estime qu’elle devra investir 200 millions de dollars en 20 ans pour maintenir son réseau vieillissant en état.

Rimouski compte plus de 300 kilomètres de conduites d’aqueduc et plus de 400 kilomètres de tuyaux d’égouts. Des pièces mécaniques, pompes et autres instruments viennent s’ajouter à ce réseau, nécessitant aussi un entretien régulier à travers la ville.

Le maire Caron est catégorique : les villes ne sont pas financièrement équipées pour asr le maintien et l’amélioration de leurs infrastructures. « Les chiffres sont quand même assez frappants. Les villes ont la responsabilité de 60 % des infrastructures au Québec, mais on a juste 8 % des revenus fiscaux », souligne-t-il.

« On s’en va vers un mur, c’est clair. »

Il ajoute que si l’on demande aux citoyens d’assumer 10 millions de dollars par an avec peu d’investissements de la part du gouvernement québécois, l’impact sera « très élevé ».

L’Union des municipalités du Québec (UMQ) et la Fédération québécoise des municipalités (FQM) réclament des engagements prioritaires pour financer l’entretien des infrastructures municipales auprès des candidats aux élections provinciales. Caron insiste sur la nécessité d’un fonds d’infrastructures, qui garantirait trois dollars de la part du gouvernement pour chaque dollar investi par une ville.

Les municipalités demandent également aux élus de Québec de revoir la réglementation et le nombre d’études obligatoires avant de procéder à des travaux, car ces normes augmentent les coûts de construction.

Pierre-Luc Deschênes, chef de division au renouvellement des infrastructures à la Ville de Rimouski, souligne que les réseaux d’eau potable et d’eaux usées ont une durée de vie d’environ 100 ans. Une grande partie du réseau a été construite dans les années 1940, 1950 et 1960, et le remplacement des infrastructures vieillissantes est déjà en cours.

Entre 2016 et 2024, le réseau d’aqueduc et d’égouts de Rimouski a enregistré 187 bris, un chiffre considéré comme normal pour une ville de cette taille. Deschênes affirme que la cadence de remplacement des conduites doit s’accélérer, avec un objectif de 2 kilomètres de conduites remplacées par an, contre 1,5 kilomètre ces 15 dernières années.

Des travaux majeurs sont prévus pour accroître la capacité des réseaux d’aqueduc et d’égouts, nécessaires pour soutenir la population croissante de Rimouski, qui dépasse désormais les 51 000 résidents. La Ville devra investir 32 millions de dollars supplémentaires pour ces travaux, qui incluent l’ajout d’une cellule d’eau potable au réservoir Lamontagne.

Rimouski prévoit également des mes pour réduire le gaspillage d’eau, incluant l’exploration de l’installation de compteurs d’eau résidentiels dans les prochaines années.

Cette situation met en lumière l’importance des infrastructures souterraines, souvent négligées, mais essentielles pour le bien-être des citoyens.

Source : Radio-Canada

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