On demande l’indulgence, pas l’impunité : les infirmières libérales de Nice face à des amendes de stationnement
À Nice, les infirmières libérales rencontrent des difficultés croissantes pour se garer, notamment dans le quartier Vauban, où les places de stationnement sont rares. Léa, une infirmière libérale, visite quotidiennement un patient avenue François-Mitterrand, où il n’existe aucun emplacement de stationnement en surface. « Il n’y a même pas un dépose-minute. Ça nous force à nous garer entre deux arbres, en empiétant sur la piste cyclable. Ce n’est pas correct, mais comment faire ? », s’interroge-t-elle.
Cette situation l’a conduite, avec une collègue, à recevoir une amende de 135 euros. « C’est justifié, je n’ai pas le droit de me garer là. En sachant que je gagne environ 200 euros net par jour, j’aurais mieux fait de ne pas aller travailler », confie-t-elle.
Alexandra Santini, cadre nationale du syndicat Convergence Infirmière, souligne que ce cas n’est pas isolé. « Si ça continue, on ne pourra plus prendre en charge les patients qui habitent dans les quartiers où il est impossible de se garer. Nous sommes bientôt en été, ça va être de pire en pire », avertit-elle. Léa ajoute qu’elle connaît deux infirmières ayant cessé leur activité libérale en raison d’amendes mensuelles allant de 500 à 1 000 euros.
Malgré ces difficultés, la mairie de Nice a mis en place certaines mes pour soutenir les infirmières libérales, comme le stationnement gratuit en surface et la possibilité de se garer sur des places réservées aux livraisons, à condition d’utiliser un disque orange. Cependant, Alexandra Santini note que ces disques ne sont plus délivrés par la nouvelle municipalité : « Ça fait partie de nos demandes », précise-t-elle.
Léa suggère également l’idée d’un écusson à apposer à l’arrière des véhicules des infirmières, afin que les agents de la circulation réfléchissent à deux fois avant de verbaliser. Elle déclare : « On demande juste de l’indulgence, pas l’immunité. »
En outre, Léa a tenté de réduire ses frais de stationnement en utilisant un vélo pour ses tournées, mais a récemment été victime d’un vol. « Je me gare aux mêmes endroits tous les jours, c’est facile de me repérer. Et encore, je ne suis pas à plaindre : une collègue s’en est fait voler trois, dont deux électriques », souligne-t-elle.
Face à ces défis, elle plaide pour une réduction sur l’abonnement de transports en commun pour les infirmières libérales, afin d’alléger les coûts liés à leur activité. La situation des infirmières libérales à Nice soulève des questions sur les conditions de travail et de stationnement dans une ville en pleine expansion.
Source : Nice Matin.
