On est nombreux à avoir honte de ce qu’est devenue Carcassonne
Un policier municipal de Carcassonne, membre du service de sécurité du Rassemblement National (RN), a été filmé par erreur en tenant des propos racistes, misogynes et complotistes. Cette affaire, révélée par Midi Libre, suscite une forte indignation et des appels à sa suspension. Une enquête est actuellement ouverte.
Les faits se sont déroulés le 6 novembre 2025, lorsqu’un policier a activé sa caméra piéton pour vérifier son fonctionnement, mais a oublié de l’éteindre. Pendant six heures de patrouille, il a enchaîné des propos d’une extrême violence, dont des insultes racistes. Des extraits de cinq minutes ont été diffusés par Midi Libre, qui a enquêté sur le profil du policier.
Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Carcassonne en janvier 2026. Le policier en question, décrit comme proche du RN, a participé au Département Protection Sécurité (DPS) du parti, assurant notamment la sécurité de Jordan Bardella lors de déplacements dans l’Aude. Son implication avec le RN est également soulignée par sa proximité avec le nouveau maire de Carcassonne, Christophe Barthès.
Le policier, qui a également assuré la sécurité de Marine Le Pen en 2022, a continué ses activités pour le RN malgré un arrêt maladie de janvier à mars 2026. Il est retourné en fonction le 16 mars 2026, peu après l’élection de Barthès.
Le 9 septembre 2026, la Ville de Carcassonne a condamné les propos racistes tenus par le policier, les qualifiant d’« inacceptables » et affirmant vouloir établir les responsabilités. Dans un communiqué, la municipalité a exprimé son indignation quant aux conditions de diffusion des vidéos, affirmant que la caméra avait été « dérobée », ce qui soulève des questions sur la manière dont les images ont été publiées.
De nombreuses réactions ont émergé sur les réseaux sociaux et dans la presse. Sophie Mazas, avocate et représentante de la Ligue des Droits de l’Homme, a dénoncé ce discours haineux, affirmant que cela révèle un manque de respect pour la démocratie. Le collectif humaniste et féministe « Nous Carcassonne » a également exprimé son dégoût face à la situation actuelle de la ville, soulignant un climat de défiance envers la municipalité.
Les autorités politiques ont également réagi. Carole Delga, présidente de la région Occitanie, s’est dite « écœurée » et a demandé des sanctions. Louis Alliot, maire RN de Perpignan, a qualifié ces propos d’« irresponsables » et a insisté sur le fait qu’il s’agissait d’un cas isolé.
Aurore Bergé, ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, a également demandé la suspension immédiate du policier.
Cette affaire met en lumière des préoccupations croissantes concernant le comportement de certains membres des forces de l’ordre et leur impact sur la confiance du public.
Source : Midi Libre

