Indépendantisme corse : c’est quoi le FLNC-UC ?
Lors d’une conférence de presse clandestine le 6 août, le FLNC-UC (Front de libération nationale corse – Union des combattants) a fait un retour sur le devant de la scène, rejetant le processus d’autonomie engagé pour la Corse et prenant pour cible ses soutiens. Le groupe indépendantiste armé menace ceux qu’il qualifie d’« envahisseurs » et appelle à « un nouveau rapport de force politique ».
Contexte factuel
Le FLNC-UC est issu du FLNC, un mouvement indépendantiste né en 1976, qui a revendiqué 22 attentats en Corse, à Nice et à Marseille. Il est connu pour ses « nuits bleues », des séries d’explosions coordonnées visant initialement les résidences secondaires de continentaux, puis les bâtiments publics tels que des gendarmeries et des rectorats. Financé par un « impôt révolutionnaire » sur les entreprises de l’île, le FLNC a mené plusieurs milliers d’actions au cours de son histoire.
En 1990, une scission au sein du mouvement a conduit à la création du FLNC-UC en 1999, à partir d’une branche réfractaire à la paix avec Paris. Une trêve a été décrétée en 2014, le FLNC-UC annonçant déposer les armes « sans préalable ». Cependant, cette trêve a pris fin en mars 2022 à la suite de la mort d’Yvan Colonna.
Données ou statistiques
Le FLNC-UC a récemment attiré l’attention médiatique après avoir rompu un silence de plusieurs années, avec sa dernière nuit bleue en octobre 2023, marquée par 45 explosions. Sa dernière apparition publique remonte au 4 août 2024.
Le groupe a diffusé une vidéo début août, où une quinzaine d’hommes cagoulés et armés critiquent le projet de loi constitutionnelle voté le 23 juin dernier, qui vise à inscrire un statut d’autonomie de la Corse dans la Constitution. Le FLNC-UC estime que ce processus constitue une « mascarade » et dénonce une « colonisation de peuplement galopante », qu’il chiffre à près de 5 000 étrangers, dont une majorité de Français, arrivant chaque année sur l’île.
Conséquence directe
La réitération des menaces contre les non-Corses a conduit le parquet national antiterroriste à ouvrir une enquête préliminaire le 6 août pour association de malfaiteurs en vue de la préparation d’actes de terrorisme, ainsi que pour acquisition et détention d’armes en relation avec une entreprise terroriste. Le projet de loi constitutionnelle, adopté par l’Assemblée, doit maintenant être examiné par le Sénat à partir du 21 octobre.
Source : Le Journal du Dimanche


