Incendies en Gironde : « On se sert du feu pour éteindre le feu »
En Gironde, les incendies mobilisent d’importants moyens, dont les sapeurs-pompiers du Gard, experts en feux tactiques. Cette technique consiste à allumer un feu secondaire pour priver l’incendie principal de combustible. Récemment, un contre-feu de six kilomètres a permis de protéger des installations militaires sensibles.
Les incendies en Gironde nécessitent des ressources considérables. Parmi les renforts engagés, les sapeurs-pompiers du Gard apportent une expertise particulière : celle du feu tactique, qui a été mise en œuvre dès le début des opérations mercredi dernier. Jérôme Jallet, référent des cadres feux tactiques, est arrivé à Mérignac avec plusieurs collègues de la zone Sud. Sur le terrain, les opérations débutent par des reconnaissances minutieuses. « On n’arrive pas et on ne met pas le feu comme ça. Nous évaluons les critères de faisabilité et de mise en œuvre », explique Jallet.
Le 25 juillet, une vingtaine de sapeurs-pompiers ont réalisé un contre-feu de six kilomètres. Cette opération, menée durant huit heures, a permis de protéger des installations militaires sensibles. « Le contre-feu a très bien marché, le feu n’est pas passé », se félicite Jérôme Jallet, venu contrôler les résultats de l’opération.
Le principe du feu tactique est simple : brûler préventivement la végétation située sur le chemin du feu afin de supprimer son combustible. « On se sert du feu pour éteindre le feu », résume le spécialiste. Cette technique, issue du brûlage dirigé, a été structurée en France au fil des décennies et nécessite une expertise poussée. Les cadres feux tactiques sont formés pendant plus de dix ans pour maîtriser le comportement des flammes, les conditions météorologiques et les risques de propagation.
Actuellement, les incendies changent d’échelle, alimentés par la sécheresse, les fortes chaleurs et une végétation particulièrement inflammable. Dans ces situations, les contre-feux présentent un avantage majeur : ils consomment peu d’eau et nécessitent moins de personnel que certaines méthodes conventionnelles. Le Gard, département pilote, compte aujourd’hui une vingtaine de cadres feux tactiques sur les 120 que compte le pays. Cette expertise est appelée à prendre de l’importance alors que les incendies se multiplient simultanément sur le territoire.
Source : Midi Libre
