Pins, sols marécageux… Pourquoi la forêt des Landes se révèle si vulnérable aux incendies

Pins, sols marécageux… Pourquoi la forêt des Landes se révèle si vulnérable aux incendies

Un sol broussailleux dévoré par les flammes. D’épaisses fumées rougeâtres s’échappent des forêts des Landes, où un incendie a débuté à Saumos, en Gironde, le 22 juillet 2026. En l’espace de vingt-quatre heures, les flammes ont ravagé 3 100 hectares, entraînant l’évacuation de 20 000 personnes. La forêt des Landes, déjà touchée par des incendies en 2022, présente plusieurs caractéristiques qui la rendent particulièrement vulnérable aux feux de forêt.

La région de Gascogne, qui englobe les départements des Landes, de la Gironde et du Lot-et-Garonne, a connu une transformation significative depuis le XIXe siècle. Autrefois marécageuse, elle a été reboisée avec des pins maritimes pour drainer les sols et limiter l’avancée des dunes. La loi de 1857, promulguée par Napoléon III, a permis la création de la plus grande forêt artificielle d’Europe de l’Ouest, couvrant aujourd’hui 850 000 hectares.

Cependant, cette monoculture de pins, bien adaptée aux sols pauvres, est devenue un terreau fertile pour les incendies. Historiquement, la forêt a été sujette à des feux dévastateurs, notamment entre 1937 et 1949, période durant laquelle environ 450 000 hectares ont brûlé. Les incendies étaient souvent causés par des pratiques d’écobuage et des locomotives à vapeur, mais des mes de gestion forestière ont été mises en place pour limiter ces risques.

Avec le réchauffement climatique, les sécheresses deviennent plus fréquentes et intenses, exacerbant la vulnérabilité de la forêt. Les monocultures de pins se consument rapidement, et le feu peut devenir convectif, se propageant de manière incontrôlable. De plus, le sol sablonneux de la région contient une quantité importante de tourbe, qui, lorsqu’elle est chauffée, permet au feu de se propager sous terre. Même après l’extinction officielle d’incendies, des fumées peuvent persister, comme cela a été observé en 2024 après l’incendie géant de Landiras.

Les défis posés par ces incendies soulignent la nécessité d’une vigilance accrue et d’une gestion durable des forêts pour préserver cet écosystème fragile.

Source : La Croix

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