Incendies des Landes : la filière bois face à plus de 500 millions d’euros de pertes
Le coût des incendies survenus récemment en Gironde et dans les Landes pourrait dépasser les 500 millions d’euros pour la filière bois. En effet, entre les mégafeux, le nématode du pin, les tempêtes et les sécheresses, la forêt des Landes de Gascogne fait face à des défis considérables ces dernières années, fragilisant un modèle économique traditionnellement fondé sur la stabilité.
Entre l’incendie de Biscarrosse et celui de Gironde, plus de 45 000 hectares, dont 80 % de surfaces boisées, ont été touchés par les flammes en l’espace d’une semaine. Avec une valorisation moyenne de 15 000 euros par hectare, le préjudice économique pour les propriétaires et les sylviculteurs est estimé entre 500 et 600 millions d’euros.
Stéphane Vieban, président d’Alliance Forêt Bois, a qualifié cette situation de « perte nette gigantesque » pour les investisseurs dans ces forêts. Il a également souligné que cela représente entre 4 et 4,5 millions de tonnes de bois brûlés, qui devront être abattus et exploités à partir d’octobre, soit près de la moitié du volume récolté chaque année dans cette région.
Cependant, des experts comme Sylvain Delzon, directeur de recherche en écophysiologie des plantes à l’Université de Bordeaux, notent qu’il sera nécessaire de réévaluer la situation une fois l’incendie maîtrisé. En effet, tous les pins brûlés ne seront pas forcément perdus d’un point de vue économique. En 2022, certaines parcelles brûlées ont pu rester exploitables.
Malgré cela, Stéphane Vieban met en garde contre l’intensité des feux cette année, qui semble plus sévère que celle de 2022, avec des impacts potentiellement plus graves. Il exprime également des inquiétudes quant aux conditions économiques dans lesquelles le bois sera valorisé, soulignant que la situation économique actuelle est moins favorable qu’en 2022.
Cette situation complexe souligne les défis auxquels est confrontée la filière bois, déjà affaiblie par divers facteurs environnementaux et économiques.
Source : La Tribune


