Les enfants « ont changé, ils sont plus angoissés » : face aux incendies qui ravagent le Var, la délicate prise en charge des plus jeunes
Des flammes, de la fumée et des évacuations. Les incendies qui ont dévasté le département du Var représentent une épreuve majeure pour les enfants, qui doivent également faire face à ces événements traumatisants. Au centre de loisirs de Cotignac, des moments sont organisés pour permettre aux plus jeunes d’exprimer leurs émotions et de parler de leurs peurs.
Alors que les incendies ravagent le Var depuis plusieurs jours, les enfants participent à des jeux et des animations au centre. Toutefois, les animateurs et psychologues les encouragent aussi à verbaliser leur vécu. Ce jour-là, les enfants sont assis en cercle, prêts à partager la peur qu’ils ont ressentie face aux flammes et aux évacuations de leurs familles.
Elisa, une jeune participante, a immédiatement pensé aux animaux pendant les incendies : « Moi j’ai eu peur, j’adore les animaux, j’avais peur qu’ils n’arrivent pas à s’enfuir, j’ai eu peur qu’ils meurent. » D’autres, comme Tibaud, ont été confrontés de près au sinistre et ont compris qu’ils pouvaient perdre leur domicile. « Le feu était très proche de chez moi, à 50 mètres. On a dû évacuer chez ma grand-mère. Grâce aux pompiers, notre maison n’a pas été brûlée, » témoigne-t-il.
Tessa, également inquiète, a partagé ses préoccupations pour ses amies évacuées : « J’ai beaucoup de copines qui ont été évacuées, j’ai eu peur pour elles, pour leur maison. »
Les enfants de CP du centre de loisirs ont réalisé un dessin évocateur où l’on peut lire : « Merci les pompiers ». Théo Lavergnes, un des animateurs, habite à Correns, proche de Cotignac, et comprend bien le désarroi des habitants. « Perdre son domicile du jour au lendemain, ce n’est pas trop rigolo. On est dépaysé à l’hôtel. Quand on a pu rentrer deux jours chez nous, ça a fait du bien ! » déclare-t-il.
La mairie a également mis en place une cellule d’urgence médico-psychologique pour aider à exprimer les peurs ressenties pendant les incendies. Au plus fort de la crise, le centre a été confiné et les parents ont dû récupérer leurs enfants en urgence, le feu étant visible depuis le balcon.
Rebecca Allouch, directrice du centre de loisirs, constate un changement chez les enfants : « Ils sont plus angoissés, plus énervés, ils ont beaucoup de questions, même entre eux, sur ce qui s’est passé chez eux ! »
Alors qu’une reprise de feu est signalée dans le secteur de Montfort-sur-Argens, les animateurs ferment les fenêtres pour éviter que les enfants ne voient le panache de fumée et les hélicoptères bombardiers d’eau.
Source : France 3 Côte d’Azur


