Le massif du Bessillon érigé en “territoire test” : diagnostic des maisons brûlées, volonté d’aller vite
Les communes concernées ont donné leur accord. Après avoir subi les affres du feu, avec 6.300 hectares brûlés entre le 21 juillet et le 7 août, le massif forestier du Gros Bessillon sera érigé en « territoire test », selon le préfet du Var, Simon Babre. L’ambition est de repenser la gestion de la forêt « avec des idées nouvelles ». L’État, la Région et le Département appellent à une stratégie « pour un territoire plus résilient et une nouvelle gestion de la forêt ».
Premier retour d’expérience
Pontevès, Cotignac, Montfort-sur-Argens, Barjols, Châteauvert et surtout Correns sont les communes touchées par un été 2026 particulièrement difficile. Le feu du Bessillon, qualifié de « plus long de l’histoire du département », a laissé de profondes traces.
Un retour d’expérience a été organisé le 28 août pour établir « ce qui a fonctionné et ce qui pourrait mieux fonctionner ». « Qu’on en tire des enseignements pour des idées nouvelles », exhorte le préfet. Quatre groupes de travail ont été mis en place pour aboutir à un plan d’actions resserré avant Noël, avec une mise en œuvre rapide.
1. Couper le chemin du feu
Le massif du Gros Bessillon a révélé une impénétrabilité alarmante. Une trentaine de kilomètres de pistes ont été ouvertes en urgence à l’aide de bulldozers. « Nous avons besoin de plus de voies dans les massifs », affirme Simon Babre. Couper le chemin du feu implique également de réintroduire du pâturage pour défricher la forêt, avec une demande croissante de la part des éleveurs.
2. Amener l’eau
La durée inédite des feux a mis en lumière les fragilités de l’approvisionnement en eau, qui « pourrait être d’emblée mieux dimensionné ». Les réseaux communaux n’ont pas pu fournir suffisamment d’eau aux pompiers. Des solutions temporaires ont été mises en place, notamment avec l’aide des agriculteurs. Les pannes électriques causées par le feu ont aggravé la situation, rendant certaines pompes inopérantes. L’eau du Canal de Provence pourrait constituer une solution durable pour sécuriser le territoire.
3. Éviter l’urbanisation
Il est impératif d’arrêter de construire à proximité des massifs. Le préfet Simon Babre souligne que « le territoire est mal adapté », avec des voiries trop étroites qui ont causé des retards d’intervention des pompiers. Une mission conjointe entre pompiers, DDTM et ONF a été lancée pour analyser l’état de la végétation autour des maisons touchées par le feu.
4. Évacuations, nouvelle doctrine confortée
La doctrine d’évacuation a évolué. Auparavant, seuls les habitats légers étaient évacués. Désormais, des quartiers périphériques peuvent être concernés, comme lors de l’évacuation d’un quartier aux Arcs, en raison de la largeur des voiries et du niveau de débroussaillement. Pendant l’été, 27 messages d’évacuation préventive ont été diffusés, avec un bilan sans victimes.
Source principale : Nice-Matin

