Les gens ont énormément de questions : au Porge et à Lège-Cap-Ferret, les sinistrés des incendies en quête de solutions juridiques
Alors que la Gironde se remet tout juste du mégafeu, une permanence s’est installée au Porge pour répondre aux questions des sinistrés. À Lège-Cap-Ferret, ceux qui ont tout perdu espèrent être soutenus par leurs assurances.
Mes frais de relogement sont-ils pris en charge ? Peut-on être indemnisé pour racheter des vêtements ? Suite au mégafeu, c’est pour répondre à ce genre d’interrogations qu’a été mise en place une permanence juridique au Porge, organisée par le Conseil départemental de l’accès aux droits de Gironde (CDAD), soutenu par le Barreau de Bordeaux.
« Il y a énormément de questions qui viennent avec la perte d’une maison, » explique Marion Alix, avocate au barreau de Bordeaux depuis janvier. « Les gens sont perdus, c’est important d’être là pour les accompagner et leur donner l’ensemble des informations pour qu’ils puissent être justement indemnisés. »
Marion Alix, originaire de Sainte-Hélène, a elle-même subi l’incendie de 2022. Quatre ans plus tard, ce traumatisme la pousse à donner de son temps pour soutenir les habitants du secteur, qu’ils soient sinistrés ou aient simplement été évacués.
Olivier est venu à la permanence avec une question précise : « Dois-je payer l’intégralité de mon loyer pour les jours durant lesquels j’étais évacué ? » Selon les avocats présents, son bailleur devrait avoir souscrit une assurance, et sera indemnisé de la perte de loyer. Olivier se dit content des réponses qu’il a reçues et se sent désormais prêt à contacter son asur.
Difficile de donner une réponse simple et univoque par question, tant chaque cas dépend de l’asur et du niveau d’assurance. Géraldine Rodriguez, avocate, souligne que les démarches administratives peuvent paraître insurmontables pour des sinistrés parfois traumatisés.
Cette permanence pourrait rester ouverte au Porge jusqu’à la fin de l’été ou de l’année, selon Solène Viersou, juriste au CDAD de Gironde.
À Lège-Cap-Ferret, Kathleen, dont la maison est partie en fumée, doit dresser un inventaire complet de tous les objets que contenait le foyer. Les commerçants l’aident en lui dressant une liste des achats qu’elle a effectués. « On doit justifier à l’assurance tout ce qu’on a acheté, » relate-t-elle.
Les campings de la commune reprennent eux aussi leurs esprits après la catastrophe. Alexandre Richard, dont le camping a été brûlé à moitié, se dit confiant quant à la prise en charge de son sinistre par son assurance. Cependant, il fait face à des demandes de remboursement de clients qu’il n’a pas pu accueillir à cause de l’évacuation.
Une autre patronne de camping, bien que son établissement n’ait pas brûlé, a également demandé une indemnisation pour perte d’exploitation. Elle s’inquiète d’un refus de son asur, le feu ne s’étant pas approché assez près de son camping.
Cette situation met en lumière les défis auxquels font face les sinistrés, qui cherchent désespérément des réponses et un soutien adéquat.
Source : France 3 Aquitaine


