Incendies à Kinshasa : un dispositif municipal défaillant face à l’urgence
À Kinshasa, les récents incendies ont mis en exergue les lacunes du système de lutte contre le feu de la capitale. Selon des sources à l’Hôtel de ville, la ville ne dispose que de deux camions anti-incendie, tous deux vétustes et non opérationnels, jugés irrécupérables par des mécaniciens. En attendant l’acquisition de nouveaux véhicules, la municipalité a recours à des opérateurs privés pour une partie de ses interventions.
Les deux camions, offerts par l’Agence japonaise de coopération internationale (Jica), ne fonctionnent plus. Bien que Kinshasa compte 137 sapeurs-pompiers, leur inactivité est due à l’absence de matériel adéquat. Les effectifs disponibles ne peuvent pas intervenir, faute de véhicules.
Une correspondance officielle, consultée par RFI, révèle que cette situation était déjà reconnue en 2025. Le 15 août de cette année-là, le ministre provincial de l’Intérieur avait signalé au gouverneur le besoin urgent de réparations des camions anti-incendie. Dans une réponse du 10 septembre, le cabinet du gouverneur a précisé que l’entretien de ces véhicules relevait des Travaux publics et a demandé le transfert du dossier complet à ce ministère.
En octobre 2025, après un nouvel incident, le gouverneur Daniel Bumba avait constaté le manque d’entretien des véhicules et la démobilisation des agents, ordonnant leur remise en état. Cependant, les informations récentes indiquent que ces camions sont désormais considérés comme totalement amortis.
Pour compenser cette insuffisance, la ville a accordé des licences à des sociétés privées pour qu’elles mettent à disposition leurs moyens anti-incendie. Toutefois, ces véhicules ne sont pas la propriété de la municipalité, ce qui rend leur disponibilité aléatoire. Lors d’un incendie à l’école Saint-Pierre le 7 septembre, un pompier a confirmé que le camion mobilisé appartenait à un opérateur privé. Ce jour-là, à Limete, des habitants ont tenté de maîtriser un autre feu par leurs propres moyens.
L’Hôtel de ville a annoncé avoir commandé une trentaine de nouveaux camions, mais aucune information sur leur coût, leur provenance ou leurs spécifications techniques n’a été divulguée. Cette commande fait écho à une estimation de 2023, où le commandant du corps municipal avait évalué à au moins 30 le nombre de véhicules nécessaires pour asr une couverture adéquate de la ville. Kinshasa, qui comprend 24 communes, continue de dépendre de la caserne de la Gombe, alors que les embouteillages et les routes en mauvais état compliquent l’accès des secours.
Source : RFI.

