Si tu n’avais pas été là, nous aurions fini à l’hôpital
L’essentiel
Évacué à plusieurs reprises avant d’être transféré au MEETT de Toulouse, un couple d’octogénaires, originaire d’Andernos-les-Bains, a fui l’énorme incendie qui a touché la Gironde. Il a pu trouver refuge quelques jours à Léguevin, en Haute-Garonne, chez une habitante qui les connaissait grâce à son oncle et à son père.
Les incendies qui ont ravagé la Gironde et les Landes ont suscité de nombreux élans de solidarité. À Léguevin, Sophie Lefebvre Richer a accueilli chez elle Serge, 86 ans, et Michelle, 84 ans, contraints de fuir leur domicile après plusieurs évacuations.
Ami avec son père
La rencontre entre Sophie et le couple est le fruit d’un lien ancien. Par l’intermédiaire de son oncle dans le bassin d’Arcachon, elle connaît Serge, ami de longue date de son père. En apprenant que le couple était transféré au MEETT de Toulouse, elle a décidé de leur rendre visite. « Je voulais simplement m’asr qu’ils allaient bien. Je savais que Michelle était très fragile », explique-t-elle.
Sur place, Sophie découvre des dizaines de personnes âgées installées sur des lits de camp. « Ils avaient été déplacés plusieurs fois. J’ai eu l’impression qu’ils vivaient un exode. » Malgré les difficultés administratives, elle obtient l’autorisation de les héberger.
Soins à domicile organisés
Avec l’aide des soignants, les soins de Michelle, amputée d’une jambe et souffrant de lourdes pathologies, sont organisés chez Sophie. Pendant plusieurs jours, elle et sa fille de 18 ans adaptent leur quotidien pour offrir un peu de répit au couple. « Ils ont dormi presque une journée entière. Ils étaient épuisés. » Sophie veille également à les éloigner des chaînes d’information en continu, jugées anxiogènes, et préfère partager des repas et des moments de calme.
Un paysage apocalyptique qui provoque une crise de panique
Le retour en Gironde a laissé une empreinte durable. Bien que leur maison ait été épargnée par les flammes, le trajet jusqu’à Andernos-les-Bains traverse des paysages de désolation. La vue des hectares calcinés déclenche une crise de panique chez Serge, qui craint que le feu ait repris. Une fois arrivé chez lui, il s’effondre dans son fauteuil, submergé par l’émotion, tandis que Michelle retrouve son foyer avec soulagement.
Pour Sophie Lefebvre Richer, « il y aura un avant et un après » pour ce couple marqué par cette épreuve. Serge lui confie : « Si tu n’avais pas été là, nous aurions fini à l’hôpital. »
Source : La Dépêche



