Incendie en Gironde : tensions après la maîtrise du feu
Après la maîtrise de l’incendie ayant ravagé la Gironde, des tensions se sont intensifiées. Les habitants des communes du Porge et de Lège-Cap-Ferret, récemment autorisés à regagner leurs domiciles, expriment leur mécontentement. Ils estiment avoir été abandonnés par les pompiers et la préfecture au profit de la protection de la commune du Cap-Ferret. Dorothé Benassy, conseillère municipale du Porge, a déclaré à l’AFP qu’« il y [avait] un sentiment d’abandon puisque les pompiers ont dû partir sur ordre sur le Cap-Ferret. »
Le maire du Porge, Martial Zaninetti, a reconnu la colère des habitants, tout en soulignant qu’il était difficile d’analyser la situation. Il a indiqué que 183 habitations avaient été détruites. Un collectif de plus de 700 habitants a annoncé son intention de porter plainte au pénal pour obtenir des réponses sur la chaîne de responsabilité. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a rejeté l’idée que Le Porge ait été sacrifié pour le Cap-Ferret, assurant qu’« il n’y a eu aucune instruction en ce sens. »
Un feu d’une ampleur inédite
Dans la nuit du 23 au 24 juillet, le Porge a subi de lourdes pertes, avec 183 habitations détruites sur les 240 incendiées. L’incendie, qui a débuté le 22 juillet, a brûlé 42 000 hectares, devenant le plus important que la France ait connu depuis 1949 et entraînant l’évacuation de plus de 200 000 personnes.
Nathalie Delattre, sénatrice de Gironde, a rappelé que les pompiers n’avaient jamais fait face à un incendie de cette ampleur, caractérisé par des pyro-cumulonimbus. Elle a expliqué que plusieurs stratégies avaient été mises en place pour stopper la progression du feu, nécessitant des déplacements importants des forces terrestres.
Un enjeu supplémentaire était l’évacuation des habitants de la presqu’île du Cap-Ferret, où une seule route mène à la commune. Monique de Marco, sénatrice écologiste de Gironde, a souligné l’importance de cette évacuation, même si certains habitants ont été évacués par bateau.
« Il ne faut pas tomber dans le complotisme »
Malgré la mobilisation de 3 300 sapeurs-pompiers, les ressources humaines se sont parfois révélées insuffisantes. Une élue girondine a précisé que, face à des choix difficiles, il est essentiel de traiter en priorité les nouveaux foyers et de protéger les vies humaines avant les habitations. Florence Lassarade, sénatrice LR de Gironde, a ajouté qu’en l’absence de moyens aériens, des arbitrages avaient été nécessaires.
La question des moyens aériens est cruciale, ayant déjà été soulevée lors des incendies de 2022. Bien que des engagements aient été pris pour renforcer ces capacités, le projet de construire une base de Canadairs à Mont-de-Marsan a été abandonné.
« On ressent forcément une forme d’injustice quand on voit sa maison brûler »
Le manque de moyens a exacerbé la colère des habitants, qui se sentent abandonnés. Florence Lassarade a fait écho à ce sentiment, en rappelant que la population a besoin de réponses rapides. Les élus appellent la préfecture à communiquer sur les choix faits par le SDIS et la préfecture, avec un retour d’expérience prévu dans les 15 jours.
Ce nouvel incendie, après celui de 2022, renforce un sentiment d’abandon au sein de la population, alors que les SDIS font face à des difficultés financières. Les habitants ne doivent pas être considérés comme de simples « gens » à évacuer, mais comme des acteurs dans la lutte contre les incendies.
Source : Public Sénat


