L’incendie dévastateur du Gros Bessillon : une crise de la ressource en eau pour les communes sinistrées
Des flammes inarrêtables, des milliers d’hectares partis en fumée, plus d’un millier de pompiers mobilisés pour venir à bout de l’incendie du Gros Bessillon. Ce sinistre, qui a débuté à Pontevès le 21 juillet 2026, s’est rapidement étendu à des communes telles que Barjols, Châteauvert, Correns, Cotignac, Montfort-sur-Argens et Le Val.
Les pompiers, soutenus par la solidarité des agriculteurs et viticulteurs locaux, ont pompé des milliers de mètres cubes d’eau pour remplir les cuves de leurs camions et combattre les flammes au cœur de la forêt. Cette lutte acharnée a nécessité l’engagement total des ressources en eau de ces communes.
Après 29 jours et 6 750 hectares parcourus, le sinistre a finalement été maîtrisé. Cependant, cette situation soulève des interrogations cruciales sur la ressource en eau dans un contexte de sécheresse prolongée.
Des situations très différentes d’une commune à l’autre
La gestion de l’eau pendant l’incendie a varié considérablement d’une commune à l’autre. À Châteauvert, le maire Serge Loudes a indiqué qu’il n’y avait pas eu de pénurie d’eau, bien que des problèmes de turbidité aient été signalés. La commune a collaboré avec la Régie des eaux de la Provence verte pour surveiller les niveaux d’eau et éviter le pompage excessif.
À Cotignac, le maire Jean-Pierre Veran a également confirmé qu’aucune difficulté n’a été rencontrée en matière d’approvisionnement en eau. En revanche, la situation à Correns était plus préoccupante. La maire Nicole Rullan a noté que, malgré un nouveau forage mis en place l’année précédente, le réservoir était vide dès le premier jour de l’incendie, ce qui a suscité des inquiétudes quant à la capacité de la commune à faire face à un feu de grande ampleur.
Les rivières en renfort
Pour certaines communes, les rivières ont joué un rôle vital. À Montfort-sur-Argens, le maire Philippe Chuyen a rapporté que les pompiers ont pu pomper dans l’Argens et un canal local. De plus, la commune a un bon forage capable de fournir entre 40 et 60 m³ par heure.
Au Val, la situation était moins critique, avec un approvisionnement en eau robuste permettant d’alimenter les camions de pompiers en intervention. Le maire Jérémy Giuliano a mentionné que des mes avaient été prises pour augmenter le pompage sur le forage afin de répondre aux besoins accrus.
Le canal de Provence comme salvation ?
La question du raccordement au Canal de Provence se pose de manière urgente. Philippe Chuyen espère que ce projet se concrétisera pour renforcer la sécurité de l’approvisionnement en eau, tant pour la défense contre les incendies que pour l’agriculture.
Les élus de Barjols ont également exprimé la nécessité de sécuriser les réservoirs, soulignant que la commune a doublé sa consommation d’eau pendant l’incendie, entraînant des coûts estimés à 32 000 euros.
Les autorités locales commencent à envisager des solutions pour améliorer la défense contre les incendies, y compris des poteaux incendies supplémentaires et un meilleur maillage de bornes de défense, notamment pour les maisons construites avant 1970, où les obligations de sécurité étaient moins strictes.
Ce drame met en lumière la nécessité d’une réflexion approfondie sur la gestion des ressources en eau dans un contexte de changements climatiques croissants.
Source : Nice Matin

