Incendie dans les Fagnes : Bart De Wever réagit face aux 3.000 hectares brûlés et aux centaines d’habitants évacués
Environ 600 habitants de Sourbrodt et Bütgenbach ont dû quitter leur domicile face à la progression de l’incendie qui ravage les Hautes Fagnes. Quelque 2.700 hectares ont désormais été touchés et le feu n’était toujours pas maîtrisé samedi soir, malgré des renforts venus de toute la Belgique, d’Allemagne, du Luxembourg et des Pays-Bas.
Environ 600 habitants ont été évacués préventivement samedi à Sourbrodt et Bütgenbach. À Sourbrodt, sur la commune de Waimes, la me concernait environ 500 personnes réparties dans 17 rues. Sept rues ont également été évacuées à Bütgenbach. Les habitants qui ne pouvaient pas trouver refuge chez des proches ont été dirigés vers un centre d’accueil installé au centre sportif de Malmedy. Une vingtaine de personnes devaient y passer la nuit.
Le feu avait parcouru environ 2.700 hectares samedi à 18 heures, selon le dernier bilan communiqué par les autorités provinciales. Vendredi soir, un peu plus de 100 hectares étaient encore annoncés comme touchés. Samedi matin, le bilan était passé à environ 850 hectares, avant de dépasser 1.600 hectares dans l’après-midi. La phase provinciale du plan d’urgence, déclenchée vendredi, reste d’application.
L’incendie s’est déclaré vendredi vers 13h06 sur le territoire de Baelen. Depuis, le vent complique considérablement les opérations. « Les camions s’enfoncent quand ils essaient d’atteindre les flammes… L’autre difficulté est le vent, qui change de sens tout le temps. C’est pour cette raison que le feu progresse dans toutes les directions », expliquait samedi après-midi Nathalie Thönissen, bourgmestre de Baelen, présente au centre de crise provincial de Vottem, à Liège.
Cette instabilité explique également les évacuations décidées à plusieurs kilomètres des premiers foyers. Les autorités ont choisi de faire sortir préventivement les habitants de certaines zones de Waimes et Bütgenbach en raison des changements de direction du vent et de l’importante fumée. Les polices locale et fédérale surveillent les secteurs évacués. Des dispositifs d’aide psychosociale ont également été activés.
Le Premier ministre Bart De Wever a tenu à réagir sur X. « Des incendies touchent les Hautes Fagnes depuis vendredi. Je tiens à saluer le travail remarquable de toutes les équipes mobilisées sur le terrain, venues des quatre coins du pays pour combattre les flammes. Merci également à nos partenaires européens pour l’aide qu’ils nous apportent. Mes pensées accompagnent toutes les personnes concernées. »
Plus de quinze zones de secours venues de différentes régions du pays participent désormais aux opérations. Des pompiers allemands et luxembourgeois ont rejoint les équipes belges. La Protection civile, la police fédérale et le Département de la Nature et des Forêts sont également mobilisés. La Défense a envoyé quatre véhicules Panther, des engins lourds capables d’évoluer sur des terrains difficiles. Des agriculteurs de la région participent toujours à l’approvisionnement en eau des secours.
Le sol des Hautes Fagnes empêche toutefois les pompiers d’approcher directement certains foyers. La tourbe, la végétation et les zones gorgées d’eau peuvent rendre le passage des véhicules impossible malgré la sécheresse en surface. Les équipes doivent alors combattre l’incendie depuis les endroits accessibles et tenter d’empêcher les flammes d’atteindre les zones boisées.
« Vous faites trois pas et vous chutez. L’option retenue a été de reculer en lisière de forêt et de plutôt protéger la forêt », a expliqué Nicolas Yernaux, porte-parole du Service public de Wallonie. Les autorités provinciales confirment que la configuration du terrain ne permet pas aux secours d’attaquer partout le feu à courte distance avec leurs moyens habituels.
Les opérations aériennes ont dès lors pris une importance particulière. Deux hélicoptères de la police fédérale ont été engagés, auxquels se sont ajoutés deux appareils envoyés par les Pays-Bas. Ces derniers peuvent emporter jusqu’à 7.600 litres d’eau. La Belgique a également activé le mécanisme européen de protection civile afin d’obtenir des moyens supplémentaires auprès d’autres États européens.
La fumée complique encore les interventions et se déplace au gré des changements de vent. Les autorités recommandent aux habitants des secteurs touchés par les fumées de fermer portes et fenêtres, de couper les systèmes de ventilation faisant entrer de l’air extérieur et d’éviter de rester dehors inutilement. Un numéro d’information, le 1771, a été activé pour éviter de saturer les lignes des services de secours.
Les 2.700 hectares parcourus par les flammes placent déjà cet incendie au-delà des principaux feux connus récemment dans les Hautes Fagnes. En avril 2011, un incendie avait détruit environ 1.200 hectares dans la réserve naturelle. Le bilan actuel reste toutefois une estimation de la superficie touchée par le feu et ne signifie pas que l’ensemble des 2.700 hectares a été entièrement détruit.
Aucune cause n’avait encore été officiellement établie samedi soir. La priorité reste de contenir les différents fronts et d’éviter une progression vers les habitations et les massifs forestiers. Les évacuations de Sourbrodt et Bütgenbach ont été décidées à titre préventif et aucune victime n’était signalée dans le dernier bilan des autorités.
Les moyens engagés doivent rester mobilisés tant que l’évolution du feu demeure incertaine. Pompiers belges, allemands et luxembourgeois, militaires, Protection civile, policiers, agents forestiers et agriculteurs travaillent désormais sur plusieurs fronts. Après plus de 30 heures d’incendie, le vent et l’impossibilité d’accéder directement à certaines zones restent les deux principaux obstacles à la maîtrise du brasier.
Source : Belga



