« On n’a plus rien » : un an après l’incendie à Marseille, des sinistrés sont toujours en attente d’indemnisation
Le 8 juillet 2025, un incendie a ravagé 750 hectares de végétation et détruit 90 maisons dans le quartier de l’Estaque, à Marseille. Un an après, les victimes de ce sinistre continuent de vivre dans l’incertitude, la reconstruction de leurs habitations étant entravée par des complications administratives.
Sur les hauteurs de l’Estaque, Mireille se tient devant ce qui était autrefois sa maison, un héritage familial. « C’était notre petit paradis qui s’est enflammé, on n’a plus rien », confie-t-elle, les yeux rivés sur le terrain vague. Son mari, Alain, se rappelle de la vitesse à laquelle les flammes ont dévoré leur maison, et de la perte inestimable de souvenirs. « On a perdu soixante ans de vie », résume-t-il.
Le couple attend toujours l’indemnisation de leur assurance pour commencer les travaux de reconstruction. Selon Alain, la situation est devenue un véritable casse-tête : « On m’a dit : ‘Pour l’indemnité, vous allez le savoir le 20 juin’, puis cela a été repoussé encore et encore. » À presque 80 ans, ils s’interrogent sur l’héritage qu’ils laisseront à leurs enfants, alors qu’ils sont hébergés depuis un an aux frais de l’assurance.
Dans le lotissement voisin, Marie-Blanche a récemment reçu son indemnité, mais celle-ci ne couvre pas les nouveaux matériaux requis par la réglementation sur la prévention des incendies. « On a calculé qu’on avait environ 9 000 euros de surcoût pour la toiture », explique-t-elle. Les retraités comme elle se retrouvent dans une situation précaire, où chaque dépense supplémentaire pèse lourd dans leurs économies.
Coralie, boulangère du quartier, partage ce sentiment de culpabilité d’avoir sous-estimé le risque d’incendie. « À aucun moment, on s’est dit que le feu pouvait descendre si bas », déclare-t-elle. Elle souligne également l’impact du réchauffement climatique sur leur quotidien, se demandant ce qui est fait pour se préparer à de telles catastrophes.
Les services d’urbanisme ont averti les résidents que la question n’était pas de savoir si un nouvel incendie se produira, mais quand. Cette incertitude génère une colère palpable parmi les sinistrés, qui ne comprennent pas pourquoi les secours ont mis tant de temps à intervenir lors de l’incendie de l’année précédente. En conséquence, une centaine de plaintes ont été déposées pour mise en danger de la vie d’autrui.
Alors que les pompiers continuent de lutter contre d’autres incendies dans la région, le risque demeure élevé dans les Bouches-du-Rhône. Les sinistrés de l’Estaque se battent non seulement pour reconstruire leurs maisons, mais aussi pour obtenir justice et réponses à leurs questions.
Source : Franceinfo
