Le feu est rentré pratiquement dans le cœur du village : à Correns, l’incendie a ravagé ce « jardin d’Eden »
L’incendie du Gros Bessillon a parcouru environ 1 800 hectares en deux jours, touchant de plein fouet le village de Correns, où les maisons et jardins tout autour du cœur de la commune ont été ravagés par les flammes.
Avec « des flammes à tous les bouts de rue », Correns, village de carte postale de la Provence verte, a vécu « des journées de confinement épouvantables », raconte la maire, Nicole Rullan, prisonnière de l’incendie depuis 48 heures. Face à la rapidité des flammes, « dévalant les pentes et coupant les routes d’accès », le préfet du Var a ordonné le confinement du cœur du village vendredi 31 juillet.
« Le feu s’est déplacé à une rapidité épouvantable, il est rentré pratiquement dans le cœur du village », témoigne l’édile du village de 1 000 âmes. Ce nouveau brasier a démarré vendredi vers 13h30 près du massif du Gros Bessillon. Attisé par le mistral, il a parcouru 1 000 hectares en six heures avant de s’étendre sur 1 800 hectares ce dimanche 2 août. Bien qu’il ait épargné le cœur du village, il a ravagé de nombreuses maisons et jardins tout autour.
« On voyait les flammes à tous les bouts de rue, c’était très anxiogène, on ne pouvait plus sortir ou rentrer dans le village », poursuit l’élue. Vendredi et samedi, les habitants ont été privés d’eau, d’électricité et de téléphone puisque toutes les lignes avaient brûlé, entraînant un sentiment d’isolement pour la population.
L’installation d’un groupe électrogène a permis de rétablir partiellement l’électricité. Des voitures ont été calcinées, des vitres de maisons ont fondu, et des fils pendent des poteaux électriques sur la route, a constaté un journaliste de l’AFP. Des panaches de fumée continuent de monter des collines environnantes, tandis que les Dash et Canadair poursuivent leurs opérations de largage.
Au milieu du paysage dévasté, Pascal Martinez observe avec désolation les dégâts dans son champ d’oliviers, tout comme son cabanon, acheté il y a dix ans. « C’est d’une violence extrême, tout est parti en fumée. Correns, c’est verdoyant, c’est magique, c’était un jardin d’Eden », confie-t-il, les yeux embués de larmes.
L’économie locale repose essentiellement sur la vigne, l’huile d’olive et le tourisme. Selon la maire, plus d’une dizaine de maisons ont brûlé, principalement à l’entrée du village, lové entre la mer Méditerranée et les gorges du Verdon. Le dernier incendie de cette ampleur remonte à 1969.
« Ce qui est exceptionnel, c’est la multitude des départs de feu, due à la sécheresse et à une chaleur extrême », estime l’édile. « Ce qui est une première pour nous, c’est qu’on est au 14e jour de feu et que, tous les après-midis, il reprend! » s’inquiète-t-elle, évoquant de multiples brasiers ayant dévasté plus de 6 000 hectares dans ce coin de la Provence verte.
Dimanche, les habitants seront partiellement déconfinés : la route départementale doit être rouverte quelques heures pour permettre l’acheminement des biens de première nécessité et la réalisation des démarches essentielles, indique la préfecture.
Avec AFP


