Import Chine : trois semaines à débloquer un conteneur en porte à porte, et le problème n'était ni la douane ni la marchandise

Import Chine : Trois semaines pour débloquer un conteneur en porte à porte

Un conteneur conforme, un transport payé en porte à porte, et pourtant trois semaines d’immobilisation. Ce récit illustre les complexités et les défis du transport international, souvent invisibles pour les dirigeants d’entreprise.

Lorsqu’un dirigeant évoque les risques liés à l’importation, il pense généralement à la Chine : aux fournisseurs, à la qualité des produits, aux contrôles avant départ. Une fois la marchandise expédiée, le conteneur quitte le port chinois, et le suivi indique une position en mer. À ce stade, le dossier semble clos.

Cependant, un cas récent a révélé une réalité bien différente. J’ai géré l’achat, le groupage en Chine, et l’expédition via un transitaire. Après un transport vendu en porte à porte, le conteneur a été bloqué pendant trois semaines à son arrivée en France. Les frais de stationnement ont explosé, passant de 53 euros à plus de 1 000 euros, tandis que je passais des appels quotidiens depuis la Chine. Aucun de ces retards n’était lié à la Chine.

Un conteneur bloqué, c’est comme une voiture à la fourrière

Pour illustrer cette situation, imaginez une voiture en fourrière. Elle est en bon état, vous en êtes le propriétaire, mais vous ne pouvez pas la récupérer tant que vous n’avez pas payé. Vous appelez pour demander la facture, et on vous dit qu’elle arrive. Pendant ce temps, les frais de gardiennage continuent de s’accumuler.

Ce scénario est exactement ce qui s’est produit avec le conteneur. Les documents annonçaient un déchargement à Fos, mais il a été déchargé au Havre, sans explication. Ce changement de port a déclenché une série de complications, car le port de déchargement décide de l’agent qui traite le dossier et des formalités à appliquer.

Chaîne logistique complexe

Le processus impliquait plusieurs acteurs : mon transitaire en Chine, un agent logistique en Belgique, la compagnie maritime, un courtier en douane en France, et le client, qui possède deux sociétés. Ce dernier point a compliqué la situation, car deux sociétés impliquent deux déclarations douanières, deux validations, et donc, deux fois plus de travail.

Fin juin, l’agent logistique a demandé si un paiement était nécessaire avant de libérer le conteneur. On lui a confirmé qu’il devait payer, mais la facture n’est jamais arrivée. Pendant ce temps, le conteneur restait bloqué, entraînant des frais supplémentaires.

Impact de l’été européen

L’interlocuteur principal en Europe est parti en congés au milieu du blocage. Avec les jours fériés et le décalage horaire, les réponses se sont faites attendre, transformant une semaine de friction en trois semaines d’immobilisation. Pendant ce temps, le compteur des frais continuait de tourner.

Il est essentiel de tenir le client informé. Dans ce cas, le matériel coûteux restait immobilisé, et le client ne pouvait pas évaluer la gravité de la situation.

Conclusion

Le transport international n’est pas une simple formalité. Chaque acteur est compétent dans son domaine, mais personne ne prend en charge l’ensemble du processus. Le transport physique fonctionne généralement bien, mais les complications administratives peuvent entraîner des retards significatifs, souvent dus à des malentendus et à un manque de communication.

Agent terrain en Chine depuis 11 ans, Nicolas Allard aide les dirigeants à naviguer dans ces complexités à travers sa société EasybuyRPC.

Source : Nicolas Allard, EasybuyRPC

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