Immigration : la France face aux défis migratoires par rapport à ses voisins européens

Immigration : où se situe réellement la France par rapport à ses voisins européens ?

Immigration : où se situe réellement la France par rapport à ses voisins européens ?

Cet été, la crise migratoire à Ceuta a alimenté la campagne présidentielle française. Le 31 juillet 2026, Marine Le Pen (RN) a réaffirmé sa volonté de restreindre la libre circulation dans l’espace Schengen aux seuls citoyens européens. En réponse, Jean-Luc Mélenchon (LFI) a appelé à une coordination européenne pour ne pas laisser l’Espagne « seule face à l’épreuve ».

L’Espagne n’est pas le seul pays évoqué dans ce débat. Lors d’un grand débat entre candidats le 27 août, Raphaël Glucksmann (Place publique) a utilisé l’exemple de l’Italie pour critiquer le programme du Rassemblement national, suggérant que Marine Le Pen agirait comme Giorgia Meloni, promettant de réduire l’immigration tout en étant contrainte de faire marche arrière face aux besoins de main-d’œuvre.

Ces comparaisons ne sont pas nouvelles. Certains pays européens sont présentés comme des modèles, d’autres comme des contre-exemples, selon les opinions politiques. Fin mai 2026, François-Xavier Bellamy (Les Républicains) a accusé le gouvernement de ne pas suivre le durcissement observé dans d’autres pays européens, mettant en garde contre le risque de faire de la France « la passoire de l’Europe ».

À l’approche de 2027, cette comparaison devrait continuer d’alimenter le débat. Alors, où se situe la France par rapport à ses voisins européens ? Tout dépend des critères : nombre total d’étrangers, part dans la population, entrées annuelles ou solde migratoire.

En nombre absolu, la France fait partie des premiers

Les comparaisons reposent sur les données d’Eurostat, l’office statistique de l’Union européenne, qui désigne par étrangers les personnes ne possédant pas la nationalité du pays de résidence. Selon Eurostat, au 1er janvier 2025, la France comptait environ 6,5 millions de résidents étrangers, se plaçant derrière l’Allemagne (12,4 millions) et devant l’Espagne (6,9 millions) et l’Italie (5,4 millions).

Cependant, ces pays sont parmi les plus peuplés de l’Union européenne. Comparer uniquement les effectifs bruts peut conduire à une vision biaisée. Par exemple, au 1er janvier 2025, les étrangers représentent 47 % de la population du Luxembourg, 29,4 % de celle de Malte et 24,8 % de celle de Chypre.

En part de population, la France est en dessous de la moyenne de l’UE

En France, les étrangers représentent environ 9,4 % de la population, plaçant le pays au 14e rang des 27 États membres de l’Union européenne. En comparaison, cette proportion est de 14,8 % en Allemagne et 14,1 % en Espagne, tandis qu’elle est d’environ 9,1 % en Italie.

Le solde migratoire français reste inférieur à celui de plusieurs voisins

Entre 2010 et 2024, le solde migratoire français s’établit en moyenne à +1,6 personne pour 1 000 habitants par an. En comparaison, l’Allemagne affiche un solde de +5,2 pour 1 000, l’Espagne de +4,3 pour 1 000 et l’Italie de +2,3 pour 1 000. En 2024, le solde migratoire français est de +2,8 pour 1 000 habitants, plaçant le pays au 21e rang des 27 États membres.

En conclusion, selon les indicateurs retenus, la France peut apparaître en tête, au milieu ou dans le bas du classement européen. Cette diversité de classement souligne la complexité du débat sur l’immigration, qui devrait continuer à évoluer dans les mois à venir.

Sources : Eurostat, INSEE.

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