Idefix® s’élance vers les lunes de Mars : une nouvelle ère pour l’exploration spatiale
Cette année, une mission internationale menée par le Japon va décoller en direction des lunes de Mars. Pourquoi se pencher sur ces corps célestes ? Quels sont les défis à relever pour faire de la mission un succès ? Le chef de projet côté français nous emmène en coulisse.
Les lunes de Mars, Phobos et Deimos, intriguent : très petites et proches de Mars, les modèles scientifiques n’arrivent pas à déterminer d’où elles viennent. Sont-elles le résultat d’un impact géant sur la planète rouge ? Ou bien sont-elles des astéroïdes capturés par la gravité de cette dernière ? Ont-elles évolué depuis leur formation ? Répondre à ces questions permettra d’améliorer la compréhension de la formation et de l’évolution du système solaire, avec, à la clé, la question de l’origine de l’eau sur Mars… et sur la Terre.
En octobre 2026, la mission japonaise MMX (pour Martian Moons eXploration) décollera de Tanegashima, au Japon, vers la lune martienne Phobos. À son bord, le premier rover de conception et fabrication franco-allemande, appelé Idefix®, un petit robot sur roues conçu pour explorer la surface de Phobos. Ainsi, soixante ans après le décollage du premier satellite français A1, surnommé Astérix, à bord de la fusée française Diamant depuis la base spatiale d’Hammaguir en Algérie – et qui faisait de la France la troisième puissance spatiale – c’est son fidèle compagnon Idefix® qui s’élancera à son tour vers l’espace, célébrant la coopération internationale dans l’exploration spatiale.
Une mission pour étudier Phobos, une des lunes de Mars
Déterminer l’origine des deux lunes martiennes est l’objectif que s’est fixé l’agence spatiale japonaise, la JAXA. Pour cela, elle a imaginé et mis sur pied la mission MMX en coopération avec plusieurs agences internationales. Elle ira étudier Phobos et Deimos sur place : depuis l’orbite d’abord, au moyen de plusieurs instruments scientifiques, puis en se posant à la surface de Phobos pour y collecter des échantillons, qui seront renvoyés vers la Terre, avec un retour prévu en 2031.
Le Cnes, l’agence spatiale française, contribue à cette aventure avec son expertise sur les trajectoires planétaires et la fourniture d’un instrument scientifique, le spectromètre imageur MIRS, qui permettra d’observer Phobos et Deimos dans l’infrarouge. En outre, le rover Idefix®, conçu en collaboration avec l’agence spatiale allemande, le DLR, explorera la surface de Phobos pendant au minimum cent jours.
Un casse-tête d’ingénierie
Explorer la surface de Phobos représente un véritable défi : il n’y a pas d’atmosphère, les températures varient de –200 °C la nuit à +60 °C le jour, et la gravité y est très faible (environ 2 000 fois moins que sur Terre). Les équipes d’ingénieurs ont dû résoudre des contraintes techniques très fortes, telles que la masse allouée, la puissance électrique disponible et l’encombrement réduit. Le rover pèse moins de 25 kilogrammes et me 45 centimètres par 40 centimètres par 35 centimètres.
Les objectifs de mission assignés à Idefix® sont triples. Tout d’abord, il servira d’éclaireur, se posant le premier sur le sol de Phobos pour caractériser son état avant que la sonde MMX n’atterrisse. Ensuite, il agira comme un démonstrateur technologique, étant le premier objet à rouler sur un corps céleste avec une gravité aussi faible. Enfin, Idefix® est un explorateur scientifique in situ, équipé de plusieurs instruments tels que des caméras, un radiomètre et un spectromètre à effet Raman.
Explorer la surface de Phobos grâce à quatre instruments
En explorant des zones non perturbées de la surface de Phobos, Idefix® déterminera les propriétés physiques du matériau et caractérisera l’homogénéité de la surface dans une plage allant de 0,1 millimètre à plusieurs dizaines de mètres. Cela apportera un éclairage unique, reliant les études menées depuis l’orbite par la sonde et l’analyse des échantillons rapportés sur Terre.
Avant même d’explorer la surface de Phobos, le rover Idefix® devra passer plus de deux ans accroché à la sonde, soumis aux radiations, au vide spatial et aux variations extrêmes de températures, tout en survivant à la phase critique d’atterrissage.
Source : Cnes, JAXA
