Quelles sont les idées reçues sur la consommation de drogue ?
Pour répondre à cette question, Catherine Pottier a invité le docteur Oualid Daoudi, chef de clinique en réanimation médicale et toxicologique à l’hôpital Lariboisière, à Paris. (Un rendez-vous en partenariat avec AP-HP Assistance Publique – Hôpitaux de Paris)
On entend beaucoup d’affirmations sur la consommation de stupéfiants. Selon une étude de la plateforme Addict Health, 76 % des Français estiment qu’il existe des drogues douces et des drogues dures.
Une classification dépassée
Le docteur Oualid Daoudi souligne que cette classification n’est plus utilisée dans le milieu médical. Les termes « drogue douce » et « drogue dure » ont été abandonnés car ils induisent l’idée que certaines drogues ne causent pas de dommages. Par exemple, le cannabis, souvent considéré comme une drogue douce, peut entraîner des problèmes sociaux et médicaux. Les urgences constatent des cas de sevrage liés à cette substance.
La consommation occasionnelle, un risque
Concernant la consommation occasionnelle de drogues, le docteur Daoudi précise qu’elle reste dangereuse. Même une seule consommation de cocaïne, considérée comme une drogue dure, peut provoquer des arrêts cardiaques et des séquelles neurologiques irréversibles. La gravité de la consommation dépend non seulement du type de drogue, mais aussi du contexte et de la fréquence d’utilisation.
Cannabis et drogues plus dures
Il n’existe pas de lien direct entre la consommation de cannabis et le passage à des drogues plus dures comme la cocaïne ou l’héroïne. Cependant, une consommation précoce et fréquente peut augmenter les risques de dérive vers des substances plus dangereuses, notamment chez les jeunes.
Drogues de synthèse : une menace croissante
Les drogues de synthèse, en augmentation sur le marché, posent également un problème de santé publique. Le docteur Daoudi mentionne que, qu’il s’agisse de drogues naturelles ou de synthèse, toutes sont potentiellement dangereuses. Par exemple, il a observé des cas de jeunes ayant subi des arrêts cardiaques après une seule consommation de cocaïne, ainsi qu’une augmentation de la consommation de cannabinoïdes de synthèse.
Conclusion
Les idées reçues sur la consommation de drogues ne reflètent pas toujours la réalité médicale. La classification entre drogues douces et dures est dépassée, et chaque type de consommation présente des risques. La vigilance est de mise, surtout face à l’émergence de nouvelles substances sur le marché.
Source : Franceinfo

