Des neurones humains pour alléger la consommation des serveurs
À Singapour, un rack de serveurs est désormais capable de traiter des informations grâce à de vrais neurones humains cultivés en laboratoire, remplaçant ainsi les traditionnelles puces en silicium. Ce prototype, présenté en août 2026, vise à réduire la consommation énergétique associée à l’intelligence artificielle.
L’avenir de l’informatique pourrait-il passer par des neurones synthétiques ? Bien que cela semble relever de la science-fiction, des recherches sont déjà en cours. Le projet a été développé par trois entités : la faculté de médecine de l’Université nationale de Singapour (NUS Medicine), la startup australienne Cortical Labs, et DayOne, un exploitant de centres de données. L’installation a été réalisée à l’Institut des sciences de la vie de l’université.
Le système, connu sous le nom de « 20-unit CL1 biological computing system », comprend 20 unités de calcul biologique. Selon les partenaires, il s’agit du premier rack de serveurs intégrant une telle technologie, fonctionnant de manière autonome. L’objectif principal de cette initiative est l’efficacité énergétique. Contrairement aux centres de données traditionnels, qui consomment une quantité significative d’énergie, l’informatique biologique pourrait offrir une efficacité bien supérieure en exploitant des organoïdes inspirés du cerveau.
Actuellement, un rack complet de CL1 consomme entre 850 et 1 000 watts, tandis qu’un système classique, tel qu’un système Nvidia utilisé pour l’intelligence artificielle, pourrait nécessiter jusqu’à 6 000 watts. Cependant, l’annonce officielle du prototype ne fournit pas de chiffres précis sur sa consommation énergétique, soulevant des questions concernant ses performances.
Le principe de cette technologie repose sur le « wetware », qui utilise des neurones vivants, cultivés à partir de cellules souches, placés sur des grilles d’électrodes. Chaque unité CL1 contient environ 800 000 neurones, totalisant près de 16 millions pour l’ensemble du rack. Cependant, ces neurones ont une durée de vie limitée, pouvant être maintenus en vie jusqu’à six mois.
Les défis liés à cette technologie incluent la nécessité d’un système de survie pour les neurones, qui requièrent de l’eau, des nutriments et un contrôle de la température. Cortical Labs gère ces aspects, mais le renouvellement des neurones reste un obstacle à surmonter.
Le CL1 est principalement positionné comme un outil de recherche pour la modélisation de maladies, la découverte de médicaments et l’étude du cerveau, offrant une alternative potentielle aux tests sur animaux. Pour des calculs plus généraux, les puces en silicium demeurent indispensables.
Source : Numerama

