Hydrogène en Afrique : l’Algérie devient le 2eme plus grand consommateur du continent

Hydrogène en Afrique : L’Algérie devient le deuxième plus grand consommateur du continent

La demande en hydrogène en Afrique a connu une progression spectaculaire au cours de la dernière décennie. Selon un récent rapport de l’Unité de recherche sur l’énergie, la consommation du continent a bondi de plus de 72 % entre 2012 et 2024, passant de 1,8 million à 3,1 millions de tonnes.

Dans ce classement, l’Algérie s’impose comme le deuxième plus grand marché africain de l’hydrogène, représentant 20 % de la demande totale, derrière l’Égypte qui domine avec 49 %. La consommation d’hydrogène en Algérie a été multipliée par quatre en douze ans, atteignant 700 000 tonnes en 2024, confirmant ainsi sa position parmi les principaux consommateurs africains, aux côtés de l’Égypte et du Nigeria.

À l’échelle continentale, six pays concentrent presque l’intégralité de la demande. L’Égypte arrive en tête avec 49 %, suivie de l’Algérie (20 %), du Nigeria (17 %), de la Libye et de l’Afrique du Sud (5 % chacune), puis de la Guinée équatoriale (3 %). Le Nigeria affiche la croissance la plus rapide, sa demande ayant été multipliée par plus de onze pour dépasser les 600 000 tonnes en 2024. Pendant ce temps, l’Égypte a vu sa consommation progresser de 1,2 à 1,5 million de tonnes.

L’hydrogène produit à partir du gaz naturel domine largement le marché africain. En 2024, il a couvert près de 90 % de la demande du continent, mobilisant environ 6 % de la production africaine de gaz naturel, estimée à 240 milliards de mètres cubes. L’hydrogène issu du charbon n’a représenté que 3 % de la consommation, tandis que les 7 % restants provenaient de sous-produits industriels, notamment des activités de raffinage.

Le secteur de la production d’ammoniac demeure le premier consommateur d’hydrogène en Afrique, représentant 75 % de la demande totale en 2024. L’Égypte se distingue également dans ce domaine, étant l’un des plus grands producteurs mondiaux d’ammoniac, avec une production estimée à 4 millions de tonnes en 2025.

Le développement de la filière hydrogène pourrait jouer un rôle stratégique dans le renforcement de la sécurité alimentaire africaine. Une hausse de la production d’ammoniac et d’engrais azotés pourrait soutenir le secteur agricole et répondre aux besoins croissants du continent.

Malgré cette dynamique, la demande africaine en hydrogène demeure limitée à l’échelle mondiale. Avec 3,1 millions de tonnes consommées en 2024, elle ne représente qu’environ 3 % de la demande mondiale, estimée à 100 millions de tonnes par an.

Source : Unité de recherche sur l’énergie

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