Homosexualité : Une réalité ancienne en Afrique
L’hostilité envers les personnes LGBTQI+ en Afrique demeure persistante, en grande partie en raison de l’influence considérable des religions sur le débat public dans de nombreux pays africains.
Le christianisme face à l’homosexualité
Le christianisme, largement présent en Afrique centrale, de l’Ouest et australe, considère souvent l’homosexualité comme contraire à ses enseignements. L’Église catholique fait cependant une distinction entre l’orientation sexuelle et les actes entre personnes du même sexe, comme l’ont rappelé les évêques du Ghana en 2023. L’Église de Rome qualifie les actes homosexuels de « contraires à la loi naturelle » et affirme qu’ils ne peuvent être « en aucun cas approuvés ».
Une Église catholique qui prône l’accueil
Les personnes homosexuelles doivent être accueillies avec « respect, compassion et sensibilité » et ne pas subir de discriminations injustes, bien que l’Église catholique les appelle à vivre dans la chasteté. En 2024, les conférences épiscopales africaines ont publié un communiqué, avec l’accord du pape, s’opposant aux bénédictions de couples homosexuels. Des discours anti-LGBT circulent dans de nombreuses paroisses, alimentant une perception de l’homosexualité comme un acte contre nature.
Les points de vue protestants
Les Églises évangéliques et pentecôtistes, présentes principalement en Afrique centrale et de l’Est, condamnent également l’homosexualité. Toutefois, des théologiens africains, encore minoritaires, plaident pour une interprétation plus inclusive des textes religieux, rappelant que des pratiques homosexuelles existaient dans diverses sociétés africaines avant la colonisation. Le Conseil œcuménique des Églises a appelé en 2022 à la création d’espaces de discussion sûrs sur le sujet. Cependant, ces prises de position sont souvent risquées, exposant les responsables religieux et les fidèles LGBTQI+ à des violences et exclusions.
Et dans l’islam ?
Dans l’islam, qui est majoritaire dans une grande partie de l’Afrique de l’Ouest, du Nord et de l’Est, l’homosexualité est également largement rejetée. Dans certains pays appliquant la charia, elle peut être sévèrement punie. Malgré cela, des ONG de défense des droits humains tentent de sensibiliser les responsables religieux aux conséquences de certains discours sur la santé, notamment dans le cadre de la lutte contre le VIH.
Conséquences de la répression
Cette répression a des conséquences concrètes, notamment des violences et une marginalisation qui poussent certaines personnes à l’exil ou à la clandestinité, compliquant leur accès aux soins et à la prévention.
Source : DW
