Hommes politiques serbes rendent hommage à Ratko Mladic, suscitant des critiques internationales.

Après la mort du génocidaire Ratko Mladic, les embarrassants hommages au

Après la mort de Ratko Mladic, des hommages controversés en Serbie et en République serbe de Bosnie

Depuis l’annonce du décès de Ratko Mladic, condamné pour génocide et crimes de guerre, des hommages spontanés sont organisés en Serbie et en République serbe de Bosnie. L’Union européenne a exprimé son indignation face à l’apologie de cet homme, qui purgeait une peine de prison à vie pour ses actes durant la guerre de Bosnie.

Un mémorial a été installé dans le hall d’accueil de Trebinje, où les 30 000 habitants rendent hommage à leur « regretté général ». Le maire de la ville a déclaré : « À lui la gloire et les louanges éternelles. Que le Seigneur accueille son âme. » À Doboj, des citoyens allument des bougies, tandis qu’à Bratunac, des cérémonies religieuses sont tenues en son honneur. Mladic est décédé le 27 août dans un hôpital pénitentiaire à La Haye, où il était gravement malade.

Le soir de sa mort, des dizaines de partisans se sont rassemblés à Belgrade, chantant ses louanges et brandissant des banderoles. Les supporters de l’Étoile rouge ont également scandé son nom lors d’un match d’Europa League. Le ministre de la Justice serbe a promis des obsèques nationales, affirmant que Mladic recevra tous les honneurs militaires et d’État.

Ces événements ont suscité une réaction forte au sein des institutions européennes. L’eurodéputée française Nathalie Loiseau a qualifié ces hommages de « révoltants », rappelant que Mladic était responsable de la mort de plus de 8 000 Bosniaques à Srebrenica en juillet 1995. D’autres parlementaires ont exprimé leur indignation face à la négation de faits historiques établis par la justice.

Marta Kos, commissaire européenne à l’Élargissement, a souligné que la glorification des criminels de guerre est contraire aux valeurs fondamentales de l’UE et n’a pas sa place dans les pays candidats, comme la Serbie.

La mort de Mladic a rouvert des bless dans la région, illustrant la difficulté pour une partie de la population serbe d’affronter son passé. Emir Suljagic, directeur du Mémorial de Srebrenica, a insisté sur l’importance de préserver la mémoire et la vérité face à ces hommages.

Une semaine après son décès, le Mécanisme international chargé des tribunaux pénaux de l’ONU continue d’enquêter sur les circonstances de sa mort. Son avocat a indiqué qu’il ne s’attendait pas à récupérer la dépouille de Mladic avant la fin septembre.

(Source : Franceinfo)

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