Histoire du club DjaDja : la boîte afro emblématique du Maroc et son influence culturelle

Histoire de la nuit africaine: le club DjaDja, la boîte afro la plus célèbre du Maroc [10/10] - Reportage Afrique

Histoire de la nuit africaine : le club DjaDja, la boîte afro la plus célèbre du Maroc

Ouvert en 2019, le DjaDja Afro Club, boîte branchée de Casablanca, est devenu un symbole d’un Maroc en pleine transformation démographique. Ce pays, qui voit le nombre d’Africains d’origine subsaharienne augmenter, compte désormais des dizaines de milliers de résidents étrangers. En l’espace de dix ans, le nombre de résidents étrangers au Maroc a augmenté de 76 %. Les Sénégalais et les Ivoiriens figurent parmi les nationalités les plus représentées.

De notre correspondant à Casablanca

Au DjaDja, des clients venus de toute l’Afrique se pressent pour écouter les derniers sons afro en vogue. Le club se veut un espace inclusif, participant à l’expansion culturelle de la musique africaine à l’échelle mondiale. À 30 minutes de l’ouverture, Konaté Vamory, le créateur ivoirien, se détend sur une banquette en skaï, à côté d’une sculpture de femme noire dominant le DJ booth.

L’établissement a récemment célébré ses sept ans et est devenu une référence de la nuit casablancaise. « C’est la fête abidjanaise que j’ai voulu apporter ici, et voilà, on l’a fait. Je suis émerveillé chaque soir par l’ambiance que les DJ créent et comment les gens se défoulent sur la piste de danse », déclare Konaté Vamory.

Le DjaDja est devenu le symbole d’un Maroc qui s’affirme comme une destination pour les travailleurs migrants d’Afrique subsaharienne, et non plus seulement un pays de transit. Sénégalais, Ivoiriens, Congolais, tous s’habillent avec soin pour passer la nuit sur la corniche Aïn Diab. Le club propose une diversité musicale inédite, souhaitant devenir une vitrine internationale de la musique afro. « Il y a des gens de toutes les communautés et de tous les continents », s’exclame Vamory. « Parfois, le weekend, tu as des Asiatiques, des Saoudiens, des Marocains, même des Arabes… tout le monde vient. »

Pour faire de son projet une réalité, Vamory a opté pour un positionnement haut de gamme, avec des cocktails à 150 dirhams, soit près de 15 euros. L’équipe, composée de talents divers, comprend un barman congolais, un DJ sénégalais et des danseuses marocaines. Joseph-Renault Bagel, superviseur camerounais, souligne l’importance de la mixité au sein de l’établissement, qui se veut un refuge contre le racisme et les préjugés. « Nous essayons d’apporter une sorte d’expansion culturelle africaine », explique-t-il.

Le DjaDja a également accueilli des artistes de renom tels que Roseline Layo et Singuila. La chanteuse Aya Nakamura, dont le tube « DjaDja » a inspiré le nom du club, est attendue. « Nous n’avons pas encore les moyens de l’inviter, mais nous lui raconterons notre histoire quand elle sera là », conclut Vamory.

Source : RFI

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