Hépatites virales : malgré les progrès en Europe, elles restent une menace pour la santé publique

Hépatites virales : malgré les progrès en Europe, elles restent une menace pour la santé publique

À l’occasion de la journée mondiale contre l’hépatite, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a déclaré que la région ne parviendra pas à atteindre son objectif d’élimination des hépatites virales d’ici 2030 en raison de lacunes persistantes dans les mes de prévention.

Le 28 juillet, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a présenté un bilan de la situation dans l’UE/EEE. Dans un communiqué, l’ECDC a souligné que « la mise en œuvre inégale de mes clés laisse présager que la région n’atteindra pas l’objectif de 2030 visant à éliminer les hépatites virales en tant que menace pour la santé publique ».

Les hépatites virales incluent les hépatites A, B, C, D et E, avec les hépatites B et C représentant les plus grands risques pour la santé. L’hépatite B, causée par le virus de l’hépatite B (VHB), se transmet principalement par contact sexuel ou exposition au sang infecté. Bien que bénigne dans de nombreux cas, l’infection devient chronique chez environ 10 % des patients, pouvant entraîner des complications graves comme la cirrhose ou le cancer du foie. En France, on estime que 280 000 à 300 000 personnes vivent avec une hépatite B chronique, dont près de la moitié l’ignore.

L’hépatite C, quant à elle, se transmet principalement par le sang. Environ 20 % des personnes infectées guérissent spontanément, tandis que la maladie devient chronique dans 80 % des cas. Elle peut rester asymptomatique pendant plusieurs années. En l’absence de suivi et de traitement, des complications telles que la cirrhose ou le cancer du foie peuvent survenir. Environ 5 000 nouveaux cas d’hépatite C symptomatique sont diagnostiqués chaque année en France. Les populations les plus touchées incluent les usagers de drogues injectables (60 %), les détenus (25 %) et les personnes vivant avec le VIH/sida (25 %).

Chaque année, près de 60 000 décès liés aux maladies du foie causées par ces infections sont enregistrés en Europe, et environ cinq millions de personnes dans l’UE/EEE vivent avec une hépatite B ou C chronique. Face à cette situation, il est crucial de renforcer les mes de lutte contre ces infections.

Malgré l’absence d’éradication prévue, des progrès notables ont été réalisés. Actuellement, les mes de lutte en Europe comprennent :

  • La vaccination contre l’hépatite B, avec une baisse des cas d’hépatite B aiguë chez les moins de 25 ans, passant de 11 % en 2015 à 8 % en 2024.
  • La mise en place de mes de réduction des risques et de contrôle des infections.
  • Le dépistage précoce des infections.
  • Des traitements efficaces pour guérir l’hépatite C et contrôler l’hépatite B.
  • Le dépistage systématique de l’hépatite B durant la grossesse, réduisant le taux de transmission verticale à moins de 2 %.

Cependant, seuls neuf pays de l’UE/EEE, dont la France, ont atteint l’objectif de vacciner 95 % des enfants contre l’hépatite B. De plus, les mes de réduction des risques, telles que la distribution de matériel stérile, sont insuffisantes, avec seulement sept pays atteignant les objectifs de l’OMS. L’ECDC souligne que l’amélioration des soins de santé dans les établissements pénitentiaires pourrait réduire considérablement la transmission.

Les hépatites A et E, quant à elles, sont transmises par l’eau et les aliments contaminés. L’hépatite A ne se chronicise pas, tandis que l’hépatite E peut devenir chronique dans de rares cas chez les personnes immunodéprimées. L’hépatite D nécessite la présence du virus de l’hépatite B pour se développer, et sa co-infection avec le VHB est considérée comme la forme la plus sévère d’hépatite virale chronique.

Source : ECDC

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