Hélène souffre d’adénomyose : « J’ai vécu trois ans et demi de souffrance avant qu’on trouve ce que j’avais. »
En 2017, Hélène, alors quinquagénaire, débute un nouveau travail dans une grande entreprise de travaux publics. Elle exprime sa satisfaction de retrouver une dynamique d’équipe après une période de consultation en solo, où la solitude était devenue pesante. Cependant, cette joie est rapidement assombrie par des symptômes inquiétants liés à l’adénomyose, une maladie peu connue.
Hélène se retrouve confrontée à des règles de plus en plus rapprochées. Elle a arrêté la pilule, se demandant si celle-ci n’affectait pas sa libido. La situation s’aggrave : « La période de répit entre deux séquences de règles devient de plus en plus courte, un état qui devient vraiment insupportable. » Ses menstruations deviennent si abondantes qu’elles perturbent sa vie professionnelle. Sa gynécologue, considérant cela comme un dérèglement hormonal normal, lui prescrit des traitements sans véritable prise en charge.
Face à l’absence de résultats, Hélène consulte à nouveau. Elle réalise que sa condition est mal comprise, et la réponse de sa médecin la laisse perplexe : elle pourrait prendre entre quatre et sept kilos, ce qui serait « normal ». Les douleurs persistent, et de nouveaux symptômes apparaissent, notamment des douleurs au dos et des chevilles enflées. Hélène se sent isolée, ne souhaitant pas partager ces problèmes avec son mari.
C’est finalement son ostéopathe qui identifie la source de ses douleurs : des contractions pelviennes permanentes. Cette révélation la pousse à consulter une gynécologue spécialisée dans l’adénomyose, qui lui prescrit des examens, dont une hystéroscopie. En juin 2021, Hélène subit une opération pour retirer une partie de son endomètre, ce qui met fin à ses douleurs.
Malgré ce soulagement, Hélène exprime un regret : si elle avait reçu un meilleur accompagnement, elle aurait peut-être pu retrouver un emploi. Depuis 2019, elle est en recherche d’emploi sans succès. Aujourd’hui âgée de 58 ans et ménopausée, elle constate des changements physiques, notamment une perte de muscle plus rapide et une prise de poids autour du ventre.
Hélène conclut son témoignage en soulignant l’importance d’une meilleure prise en charge pour les femmes, espérant que la génération de sa fille bénéficiera d’un suivi médical plus attentif : « C’est un peu bizarre que nous, les femmes, qui représentons à peu près 50 % de la population, soyons moins bien traitées médicalement que les hommes. »
Source : Podcast Bouffées de chaleur avec Anna Roy.

