Malgré les risques de déclassement, la hausse du niveau moyen d’éducation améliore la situation collective des générations
Des responsables politiques, tels qu’Édouard Geffray, qui propose de durcir les examens dans le secondaire, et Gabriel Attal, qui souhaite « démassifier l’université », expriment un scepticisme croissant à l’égard du système éducatif français. Ces déclarations s’inscrivent dans un contexte où la démocratisation et l’expansion de l’éducation, qui ont marqué ces dernières décennies, semblent remises en question.
Cette remise en cause s’accompagne d’un discours sur l’avenir de la jeunesse diplômée, particulièrement préoccupé par le déclassement et les récentes évolutions technologiques, notamment l’intelligence artificielle. Eric Maurin, spécialiste des questions d’éducation et auteur de l’ouvrage La nouvelle question scolaire. Les bénéfices de la démocratisation (Seuil, 2007), a analysé des périodes historiques de hausse du niveau de formation et leurs effets sur les générations concernées.
Maurin affirme que, malgré une critique persistante de la démocratisation scolaire, l’augmentation du niveau moyen de formation a toujours été bénéfique collectivement, même si cela a entraîné une dévaluation relative des diplômes.
Contexte factuel :
Les politiques éducatives en France ont souvent été critiquées, notamment la mise en place du collège unique, qui a suscité des débats dans d’autres pays, y compris les pays scandinaves. Dans les années 1980, un consensus s’est formé autour de la nécessité de former davantage les jeunes face à l’augmentation du chômage des non qualifiés. Cette période a été marquée par une expansion scolaire significative, soutenue par les gouvernements de gauche et de droite. Cependant, cette dynamique a été interrompue par la récession des années 1990, entraînant une remise en cause de la démocratisation scolaire.
Données ou statistiques :
Selon l’INSEE, le taux de diplômés de l’enseignement supérieur en France a atteint 45 % en 2021, en hausse par rapport à 35 % en 2000. Ce chiffre témoigne d’une progression continue du niveau d’éducation, malgré les préoccupations concernant le marché du travail et les risques de déclassement.
Conséquence directe :
L’augmentation du niveau moyen de formation a contribué à créer davantage d’emplois qualifiés, même en période de faible croissance, ce qui suggère que le marché de l’emploi s’adapte aux compétences des nouvelles générations.
Source : Eric Maurin, La nouvelle question scolaire. Les bénéfices de la démocratisation (Seuil, 2007).

