Transports en commun : hausse des voyageurs et audit social au cœur des débats du Grand Auch

Transports en commun : hausse des voyageurs et audit social au cœur des débats du Grand Auch

Malgré une fréquentation en hausse, le service et les conditions de travail chez Keolis, dénoncées en mars dernier par un ex-salarié en grève de la faim, interrogent une élue de l’agglomération. Un audit est en cours.

« Ce rapport met en évidence une réalité contrastée », souligne Céline Valancourt. Les élus du Grand Auch doivent, ce jeudi 2 juillet, prendre acte du rapport annuel 2025 de Keolis, délégataire du service public (DSP) des transports urbains.

Après quelques mois agités au sein de l’entreprise, la conseillère communautaire auscitaine, issue du groupe des Alters, se réjouit de la hausse de fréquentation des transports publics, avec 876 000 voyages comptabilisés en 2025, soit une augmentation de 41 % depuis le début de la DSP. « Cela démontre une chose simple : lorsque l’on investit dans les transports publics, les usagers répondent présents », estime Céline Valancourt.

Maîtrise des dépenses ou droit à la mobilité ?

Cependant, elle note que derrière « ces bons chiffres se cachent plusieurs signaux d’alerte ». Alors que le nombre de voyageurs augmente, les recettes diminuent. L’une des raisons évoquées est la réforme du dispositif du CIAS, qui a remplacé un abonnement illimité par un forfait de 72 voyages. « Résultat, plus de 50 000 déplacements en moins pour les bénéficiaires. Pour nous, cette évolution pose une vraie question politique. Cherche-t-on à maîtriser les dépenses ou à garantir un véritable droit à la mobilité pour les publics les plus fragiles ? », questionne Céline Valancourt.

Jérôme Samalens, président du Grand Auch, répond que « la gratuité a été une parenthèse ». Il souligne que cette situation a entraîné des dérives et que les 72 trajets correspondent aux besoins d’une personne qui se déplace habituellement en transports en commun.

Un autre point de vigilance soulevé concerne la qualité du service. « Les indicateurs sont bons, mais la ponctualité reste insuffisante », un inconvénient relevé par de nombreux usagers. « Pour convaincre davantage d’habitants de laisser leurs voitures, il faut un réseau fiable », ajoute Céline Valancourt.

Un audit en cours

Sur le volet social, la conseillère municipale d’Auch a également évoqué une grève de la faim réalisée par un ancien salarié de Keolis en mars, protestant contre le management et l’organisation du travail au sein de la société. Suite à cela, un audit externe indépendant a été demandé par le Grand Auch. « Cet audit, confié à Humanova, était à la demande de l’agglomération », rappelle Charline Dumont, vice-présidente en charge des transports.

Céline Valancourt soulève des questions sur la méthodologie de cet audit en cours. « Trois personnes se sont portées volontaires, mais elles doivent se faire connaître auprès de leur employeur. Cela pose un problème d’impartialité. »

Charline Dumont appelle à la patience : « Nous allons avoir le retour le 10 juillet. L’auditeur doit respecter un cahier des charges ; lors de cette restitution, il sera le moment de réinterroger la méthodologie. »

En conclusion, la situation des transports publics au Grand Auch soulève des enjeux complexes mêlant fréquentation, financement, qualité de service et conditions de travail, rendant l’audit en cours crucial pour l’avenir du service.

Source : La Dépêche

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