Hausse des taxes sur le tabac : l’État perçoit moins de recettes fiscales malgré des prix en hausse.

De 7 à 13 euros le paquet en 10 ans mais moins d'argent pour l'Etat: pourquoi la hausse des taxes sur le tabac rapporte de moins en moins de recettes fiscales

De 7 à 13 euros le paquet en 10 ans : pourquoi la hausse des taxes sur le tabac rapporte de moins en moins de recettes fiscales

Alors que les buralistes réclament un gel de la fiscalité, le prix du paquet de cigarettes a bondi de plus de 80 % depuis 2017. Cette politique, destinée à réduire le tabagisme, a également entraîné un effondrement des ventes dans le réseau français. Paradoxalement, malgré des taxes toujours plus élevées, les recettes fiscales du tabac diminuent.

Les buralistes prévoient des rassemblements cette semaine dans six villes de France pour demander un gel de la fiscalité du tabac, en vue des débats budgétaires à l’approche de l’augmentation du prix des cigarettes prévue pour le 1er janvier. Selon la Confédération des buralistes, « du 7 au 11 septembre, les 22 500 buralistes se mobilisent pour dénoncer un ras-le-bol fiscal qui menace leur modèle économique. »

Ils exigent également la fin de l’indexation automatique du prix des cigarettes sur l’inflation, instaurée par le projet de loi de finances de la sécurité sociale 2023. Jamais les cigarettes n’ont coûté aussi cher en France, mais elles rapportent de moins en moins à l’État.

En 2017, le prix moyen d’un paquet de 20 cigarettes de la marque la plus vendue était de 7,05 euros. Ce montant devrait atteindre 13 euros en 2025, selon l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT). Cela représente une augmentation de 84 % en huit ans. Les hausses de prix, souvent deux fois par an, ont débuté en 2017 lorsque le gouvernement d’Édouard Philippe a fixé l’objectif de porter progressivement le prix du paquet à 10 euros. Cet objectif a été atteint dès mars 2020.

En moyenne, le prix du paquet s’élevait à 10,92 euros en 2023, et devrait passer à 12,54 euros en 2024, puis à 13 euros en 2025. Entre 2017 et 2024, l’OFDT a calculé une augmentation de 77,9 % du prix du paquet.

Plus de 80 % du prix du paquet est constitué de taxes, notamment l’accise spécifique et la TVA. Sur un paquet vendu autour de 13,50 euros, cela représente environ 11 euros d’impôts et taxes, dont environ 9 euros d’accise et 2,25 euros de TVA. Cette fiscalité vise principalement à réduire la consommation de tabac.

L’inflation a également conduit l’État à revoir la mécanique fiscale. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2023 a modifié les règles d’indexation de l’accise sur le tabac, supprimant le plafond de 1,8 % sur la revalorisation annuelle des tarifs.

Les volumes de tabac vendus dans les bureaux de tabac français se sont effondrés, passant de 46 041 tonnes en 2020 à seulement 30 165 tonnes en 2025. Cette baisse de près de 16 000 tonnes en cinq ans représente environ 34 % des ventes.

Près de 18 % du tabac consommé en France échappe à la fiscalité, selon une étude de la Douane, qui estime que 8 081 tonnes de tabac ont été consommées hors du circuit fiscal en 2023. Ce chiffre inclut des achats transfrontaliers, représentant 6 863 tonnes.

Les recettes fiscales du tabac, qui avaient atteint 14,4 milliards d’euros en 2020, sont tombées à 12,6 milliards en 2025, soit une baisse d’environ 1,8 milliard d’euros. Cette diminution est attribuée à la baisse de la consommation et au retour à des pratiques d’approvisionnement hors du circuit officiel.

Source : Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT)

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