«C'est en train de briser mon rêve»: en France, la hausse des frais d'inscription angoisse les étudiants africains

C’est en train de briser mon rêve : en France, la hausse des frais d’inscription angoisse les étudiants africains

En 2025, près de 500 000 étudiants étrangers se sont inscrits dans l’enseignement supérieur français. Cependant, pour les étudiants extra-communautaires, originaires de pays hors Union européenne, les frais d’inscription vont fortement augmenter. À partir de la rentrée, les droits d’inscription différenciés s’élèveront à environ 4 000 euros pour un master et 3 000 euros pour une Licence, une me qui touche particulièrement de nombreux étudiants africains.

Depuis juin dernier, Ousmane Bah enchaîne les petits boulots pour réunir l’argent nécessaire à son master de Communication à l’Université Sorbonne Nouvelle. « Étant étudiant étranger, je travaille 20 heures par semaine, ce qui me rapporte 700 € net par mois. Avec un loyer, des transports et 4 000 € à payer sur une année, cela devient complexe. Même en économisant pendant deux ou trois ans, je n’aurai pas cette somme », déclare-t-il. Le montant de 3 940 euros qu’il doit débourser pour son inscription est seize fois supérieur aux droits d’inscription d’un étudiant français ou allemand dans le même master.

Christophe Mbaihodji, un étudiant tchadien admis en Lettres modernes à l’Université de Montpellier, craint que cette situation mette fin à son parcours académique. « C’est cette loi qui est en train de briser mon rêve de devenir éducateur. Si je n’ai pas une nouvelle inscription, la Préfecture ne me comprendra pas. Tout cela me coupe le sommeil », confie-t-il. Comme Ousmane, Christophe doit justifier de son inscription pour renouveler son titre de séjour.

Le décret sur les droits d’inscription différenciés permet aux universités d’exonérer 20 % des étudiants, mais cela n’impactera que très peu de personnes, selon le collectif des étudiants extra-communautaires. Hamit Wachiallatchi, étudiant en master de droit à l’Université de Strasbourg et président du collectif, souligne que les étudiants africains sont les plus touchés. « Pour un étudiant d’un pays pauvre, ces 4 000 € représentent plusieurs millions. Dans un pays où la monnaie est le Franc CFA, c’est l’équivalent de 3 millions. Ils ne peuvent pas payer », explique-t-il.

Hamit Wachiallatchi appelle le gouvernement français à « une suppression pure et simple des droits différenciés et à revenir au système antérieur de 2018 ». Il insiste sur l’égalité de traitement pour tous les étudiants, affirmant qu’ils sont aujourd’hui laissés à eux-mêmes.

Source : RFI

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