Harcèlement moral à Matignon : enquête ouverte après la plainte d’une fonctionnaire
Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Paris suite à une plainte pour harcèlement moral déposée contre plusieurs membres des services du Premier ministre. Cette information a été confirmée par le parquet, qui a également précisé que les investigations sont confiées à la Brigade de répression de la délinquance à la personne (BRDP).
Cette affaire survient dans un contexte particulièrement préoccupant : un signalement, révélé par France Inter, indique que plusieurs décès et tentatives de suicide ont eu lieu depuis octobre 2025 au sein ou à proximité des services du Premier ministre.
Au centre de cette affaire se trouve une fonctionnaire du service de la correspondance, considérée comme la « victime principale » du signalement daté du 25 juin. Quatre personnes sont mises en cause dans cette affaire. Les faits rapportés suggèrent que cette fonctionnaire aurait été progressivement dépouillée de ses responsabilités, subissant des humiliations publiques et un isolement croissant, notamment en étant affectée à un bureau situé au sous-sol. Cette situation aurait conduit à une dégradation de son état de santé, culminant avec une tentative de suicide en avril, alors qu’elle s’apprêtait à se jeter sous un train, heureusement retenue à temps par un usager, selon son avocate, Me Christelle Mazza.
Le document soumis aux autorités ne se limite pas à ce cas. Il recense, depuis octobre 2025, deux suicides, une autre tentative de suicide, ainsi qu’une mort suspecte, après la découverte d’un agent décédé dans des toilettes. Un autre agent, du Secrétariat général du gouvernement (SGG), s’est également jeté sous un train le 26 mars. Ce dernier cas est décrit dans le signalement comme étant lié à un « contexte de souffrance au travail identifié » et dénonce des « manquements de l’employeur à son obligation de protection ». Le représentant du personnel à l’origine du signalement évoque une « situation de harcèlement moral institutionnel présumée » au sein des services du Premier ministre, une accusation qui devra être vérifiée par les investigations.
Dans son courrier accompagnant la plainte, l’avocate de la fonctionnaire établit un lien entre cette situation et l’instabilité politique générée par la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024. Elle souligne que les services du Premier ministre sont devenus profondément déstabilisés depuis cette dissolution, entraînant une dégradation des conditions de travail pour le personnel administratif.
Source : RTL, France Inter


