Délai du test, confinements tardifs, silence de l’État : la gestion catastrophique du cas d’hantavirus au CHU de Limoges
En plein été, 45 personnes ont été confinées et 150 autres interdites de déplacement après qu’un patient franco-argentin atteint d’hantavirus a été laissé deux semaines sans diagnostic par le CHU de Limoges. Le jeune homme, testé le 23 juillet pour le virus des Andes, n’a reçu un résultat positif que le 6 août. Ce délai soulève des questions sur la gestion de son cas et sur les protocoles sanitaires en place.
Le 23 juillet, l’adolescent se présente au CHU de Limoges avec des symptômes tels qu’une fatigue intense et une brève perte de conscience. Plusieurs tests sont effectués pour des maladies tropicales, incluant le hantavirus. Les résultats pour la dengue, le zika et le chikungunya sont négatifs en trois jours, mais l’analyse pour l’hantavirus nécessite deux semaines. Didier Lepelletier, directeur général de la Santé, a expliqué que ce délai est dû à la nécessité de validation des résultats par le centre national de référence.
Le 6 août, alors que le jeune homme n’est déjà plus en France, le ministère de la Santé annonce qu’il s’agit d’un « cas importé » d’hantavirus, avec un risque de transmission jugé « très faible ». En attendant, le contact tracing a été déclenché pour identifier les personnes ayant été en contact avec lui. Le patient, qui a depuis été isolé en Espagne, ne présentait plus de symptômes au moment où son cas a été rendu public.
Quarante-cinq personnes ont été identifiées comme cas contacts « à haut risque » et confinées, ce qui a entraîné des perturbations dans leur vie professionnelle et personnelle. Dix membres du personnel du CHU ont été placés en « absence forcée » durant cette période, et un total de 150 personnes ont été interdites de déplacement. Ces mes ont engendré des pertes financières pour les concernés, qui attendent toujours des réponses de l’État concernant des aides.
Bien que tous les confinés aient été libérés, des doutes persistent quant à la réalité de la contamination, contestée par les autorités argentines. Les agences de santé et le CHU de Limoges n’ont pas souhaité commenter la situation, renvoyant vers le ministère de la Santé.
Source : France Inter.

