Face aux fragilités de son modèle économique, le FIPHFP demande un débat parlementaire afin de relever le taux d’emploi légal de 6 % de personnes handicapées et réclame une mission d’inspection sur l’avenir de ses finances.
Le Fonds d’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (FIPHFP) a sollicité un débat parlementaire pour rehausser le taux d’emploi légal des personnes handicapées, actuellement fixé à 6 %. Cette demande survient alors que le modèle économique du fonds est jugé périlleux, selon un courrier consulté par l’AFP le 22 juillet 2026.
Un rôle pivot dans l’insertion professionnelle
Créé en 2005, le FIPHFP est devenu un acteur clé des politiques publiques pour l’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap dans les trois versants de la fonction publique : État, hospitalière et territoriale. Il met en œuvre des actions pour accompagner les travailleurs handicapés, favoriser l’accessibilité numérique, et former les encadrants.
Un cap historique aux conséquences inattendues
Mi-avril, pour la première fois, le taux d’emploi des personnes handicapées dans la fonction publique a dépassé le seuil légal de 6 %, atteignant 306.910 agents bénéficiaires de l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés (BOETH) sur environ 6 millions d’agents au total. Le FIPHFP a salué ce « cap historique » dans l’inclusion des personnes handicapées, alors que ce taux s’élevait à 3,55 % lors de la création du fonds.
Cependant, cette avancée a des répercussions sur la situation budgétaire du fonds, qui est financé par les contributions des employeurs publics ne respectant pas cette obligation.
Un modèle économique menacé d’extinction
Le modèle actuel du FIPHFP présente un paradoxe : « plus le FIPHFP atteindra les objectifs de sa mission, plus ses moyens d’intervention diminueront », selon une délibération interne. Les résultats financiers des années 2024 et 2025 ont mis en évidence un « déficit croissant » qui se confirme en 2026 et pourrait s’aggraver, entraînant une diminution des réserves de trésorerie du FIPHFP jusqu’à leur extinction d’ici 2030, alerte Françoise Descamps-Crosnier, présidente du comité national du FIPHFP, dans un courrier adressé à Camille Galliard-Minier, ministre déléguée chargée de l’autonomie et des personnes handicapées.
Appel à un débat parlementaire
Pour tenter de remédier à cette situation, le FIPHFP appelle à un débat parlementaire pour rehausser le taux d’emploi de 6 % sans proposer de chiffre précis, et réclame également une mission d’inspection sur l’avenir de son modèle économique.
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